Le maire Ben Hendriksen présente le Plan d’action climatique 2026-2036 comme une réponse collective aux effets déjà visibles des changements climatiques à Yellowknife.
La Ville de Yellowknife a publié son Plan d’action climatique 2026-2036, une stratégie de dix ans qui avait été approuvée par le Conseil municipal le 25 février dernier. Rendu public le 17 avril, le document propose une série de mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et préparer la capitale ténoise aux effets déjà visibles des changements climatiques : feux de forêt plus intenses, fonte du pergélisol, vagues de chaleur, fumée, tempêtes et pressions croissantes sur les infrastructures.
Pour le maire Ben Hendriksen, les changements climatiques ne sont plus une menace lointaine pour Yellowknife. Ils se font déjà sentir dans la vie quotidienne.
« Notre environnement nordique est quelque chose que nous chérissons, mais il est aussi aux premières lignes des changements climatiques », écrit-il dans le document, en citant « des hivers plus chauds, une météo imprévisible et des pressions croissantes sur nos maisons, nos rues et nos espaces naturels ».
Réduire et s’adapter
Le plan repose sur deux grandes idées : réduire les émissions, mais aussi adapter la ville aux changements déjà en cours. La première partie vise notamment les transports, les bâtiments, les déchets et l’efficacité énergétique. La seconde cherche à mieux préparer Yellowknife aux risques climatiques, qu’il s’agisse de la fumée des feux de forêt, des dommages aux routes et aux bâtiments liés à la fonte pergélisol, ou encore des situations d’urgence comme les évacuations.
Le document rappelle que les émissions communautaires de Yellowknife ont diminué de 20 % entre 2009 et 2023. Mais cette baisse ne dit pas tout. En effet, les émissions ont recommencé à augmenter après la pandémie, et certains secteurs demeurent difficiles à contrôler pour la municipalité. Le transport aérien, par exemple, représente une part importante des émissions de la communauté, mais la Ville dispose de peu de leviers directs pour agir sur ce secteur.
Du côté des émissions municipales, le principal défi se trouve sur le site d’enfouissement. Les émissions de méthane provenant des déchets représentent près des trois quarts des émissions corporatives de la Ville. Le plan prévoit donc de mieux intégrer ces données dans les décisions futures, notamment pour la conception de nouvelles cellules au site d’enfouissement et l’éventuelle capture des émissions.
Chaque personne a un rôle à jouer.
Des mesures concrètes au quotidien
Les actions proposées touchent aussi la vie quotidienne des résidents. La Ville veut améliorer les infrastructures de transport actif, soutenir le transport en commun, encourager les véhicules à faibles émissions, élargir le compostage et le recyclage, et rendre les bâtiments plus efficaces et plus résistants aux conditions climatiques futures. Le plan prévoit aussi d’appuyer la production alimentaire locale, notamment par une initiative de serre produisant toute l’année.
Ben Hendriksen insiste sur l’idée que la Ville ne pourra pas agir seule. « Chaque personne a un rôle à jouer », dit-il. Le plan mise donc sur la collaboration avec les résidents, les entreprises, les organismes communautaires, les gouvernements autochtones locaux et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.
