Géré par Home Base Yellowknife dans le cadre d’un contrat avec la Ville, Line Drive Outreach offre du transport sécuritaire aux personnes en détresse et mène aussi des patrouilles à pied dans le centre-ville. Le service fonctionne tous les jours de 10 h à 3 h du matin, tandis que des patrouilles à pied sont menées de 13 h à 18 h. Parmi ses objectifs affichés figurent le soutien aux personnes vulnérables et la réduction de la pression sur les services d’urgence.
Résultats en chiffres
Dans la présentation remise le 15 avril dernier au conseil municipal de la Ville de Yellowknife, Home Base indique que le programme a comptabilisé 10 055 interventions de transport pendant la période évaluée. De ce nombre, 9 230, soit 91,8 %, se sont conclues par un transport. La grande majorité des demandes concernaient des adultes de 24 ans et plus. L’évaluation conclut aussi que l’organisme répond à la plupart des recommandations formulées dans le précédent cadre d’évaluation, et qu’il en dépasse certaines, notamment pour les heures de service et la formation du personnel.
Structure renforcée
Devant les élus, Tammy Roberts, directrice générale de Home Base Yellowknife, a insisté sur cette montée en puissance du programme. Elle a rappelé que l’organisme avait dû mettre le service sur pied rapidement au printemps 2025, en recrutant du personnel, en sécurisant des véhicules et en établissant ses procédures.
Aujourd’hui, a-t-elle dit, l’équipe opère un programme « pleinement fonctionnel » et « doté d’un effectif complet ». Elle a aussi affirmé que les évaluateurs considèrent ses employés comme « le personnel le mieux formé qu’ils aient vu dans ce secteur ».
Le document présenté à la Ville fait état d’une appréciation globalement favorable de la part des usagers et des partenaires. Des clients disent se sentir en sécurité dans le véhicule et décrivent des employés qui les traitent « comme des membres de leur famille ». Du côté de l’hôpital Stanton, de la GRC, des refuges et de certains commerces du centre-ville, on évoque une meilleure constance, des temps de réponse améliorés et une communication plus fluide.
Les limites du mandat
Mais ce portrait positif n’efface pas les zones de friction. L’évaluation relève des plaintes de clients sobres ayant des limitations physiques ou des problèmes médicaux, mais qui ne sont pas jugés prioritaires. D’autres commentaires pointent l’accessibilité du véhicule, certaines incohérences dans l’admissibilité au transport, ainsi que la disparition de certains déplacements entre refuges à l’heure des repas.
Sur ce point, Tammy Roberts s’est montrée directe. Elle a reconnu qu’il existe à Yellowknife un manque pour certains déplacements non urgents, notamment à la sortie de l’hôpital, mais a soutenu que cette responsabilité ne relevait pas de Line Drive. « Ce n’est pas notre rôle », a-t-elle résumé, en évoquant un vide de service plus large dans la ville.
Si aucun financement additionnel n’est obtenu pour la troisième année, il faudra réduire les heures d’opération du véhicule et probablement mettre fin à la patrouille à pied.
Un financement incertain
Tammy Roberts a aussi prévenu que, si Home Base a obtenu trois années supplémentaires de financement, la troisième sera soutenue à un niveau bien inférieur aux deux premières. Il faudra donc, selon elle, trouver d’autres fonds pour maintenir l’offre actuelle.
Dans une réponse transmise à Médias ténois après la réunion, la gestionnaire de Line Drive Outreach, Traci Mercer, précise que le financement obtenu s’élève à 970 213 $ pour la première année, 983 143 $ pour la deuxième, puis chute à 395 035 $ pour la troisième.
Sans financement additionnel, Home Base devrait envisager de réduire les heures d’opération du véhicule et probablement mettre fin à la patrouille à pied, indique-t-elle. Une telle réduction risquerait, selon elle, de laisser davantage de personnes sans soutien dans des situations non sécuritaires, tout en augmentant la pression sur la GRC et les services médicaux d’urgence.
Traci Mercer ajoute que l’équipe reçoit régulièrement des demandes de transport qui dépassent son mandat, notamment vers les épiceries, les rendez-vous, les refuges ou l’hôpital. « Cela met en lumière une lacune claire dans les services offerts dans la collectivité », écrit-elle, en soulignant qu’aucun organisme n’a actuellement la capacité d’assurer ce type de transport de façon constante.
