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le Vendredi 27 juin 2008 0:00 Divers

Souvenirs d’Équateur

Souvenirs d’Équateur
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Il y a de ça quelques années, je suis partie avec mon sac au dos et une amie qui allait rejoindre son copain. Destination : Équateur. Comme à cette époque, je travaillais dans les vergers, dans l’Okanagan, à cueillir des fruits (c’était vraiment la mode dans le temps, peut-être encore plus qu’aujourd’hui, nous avons pris le bus d’Osoyoos, dans le sud de la Colombie-Britannique, jusqu’à Miami. Je ne sais pas si vous imaginez un peu le trajet, mais c’est traverser le Canada et les États-Unis en diagonale, allant du nord-ouest au sud-est. Tout un périple.

On arrêtait pour manger dans les terminus d’autobus, où on allait se laver vitement à la mitaine, et se brosser les dents. Ça duré plus de trois jours, trois jours et demi, si ma mémoire est fidèle. Enfin, à Miami, nous avons pris une chambre d’hôtel pour une demi-journée, histoire de patauger dans la douche avant de prendre l’avion pour l’île de San Andres, où nous faisions escale. Pas besoin de vous dire que cette brève incursion dans l’eau à Miami a été grandement appréciée. Puis, hop, dans l’avion jusqu’à cette île paradisiaque qu’est San Andres qui, si je ne me trompe pas, appartient à la Colombie. Une nuit et deux repas plus tard, nous remontions dans l’avion pour Cali, une ville située dans le sud de la Colombie. Encore une fois, il ne s’agit que d’un court séjour, le temps de dormir une nuit et de se faire attraper les fesses une dizaine de fois entre l’hôtel et le terminus d’autobus. Je vous le jure, c’est ainsi que ça s’est passé pour nous.

Enfin, nous avons réussi à prendre cet autobus qui allait nous mener de Cali à Quito, capitale de l’Équateur. Nous avons donc relaxé dans cet autobus qui nous emportait dans le pays qui constituait le but de notre odyssée.

Après avoir passé une autre nuit à Quito, s’être fait voler une valise et s’être promené dans cette belle ville, nous embarquons enfin pour Esmeralda, grosse ville équatorienne située sur le Pacifique. Le décor est tout bonnement hallucinant. Quito est située dans les montagnes. Nous roulons longtemps dans un plateau pour atteindre une petite ville où nous apercevons des Indiens à tête rouge, vous savez ceux qui s’enduisent la tête de boue rouge. C’est très impressionnant à voir. Puis, nous quittons la montagne et l’air commence peu à peu à s’appesantir et à devenir très chaud. Nous atteignons la forêt tropicale. La nature est luxuriante et la forêt dense. Nous arrivons finalement à Esmeralda. Quelques courses s’imposent, car à Atacames, la ville où nous nous dirigeons, il y a peu de boutiques, et mieux vaut s’approvisionner ici. Enfin, nous montons dans le bus qui nous fait faire les derniers kilomètres entre Esmeralda et Atacames.

Atacames est une petite ville, pour ne pas dire un village qui, à cette époque (je ne sais pas maintenant) était très peu développé, par rapport aux services. La plupart des maisons n’avaient pas de toilettes, pas d’eau courante et l’électricité fonctionnait à l’occasion, quand il n’y avait pas de panne. Combien de fois n’avons-nous pas entendu No hay luz, qui se traduit littéralement pas Il n’y a pas de lumière.

Je me suis donc installée chez une française qui avait une petite maison sur pilotis et où je louais une chambre. Mon lit : une natte par terre. Meubles : rien, nada, nothins. La chambre avait une ampoule au plafond et c’est tout. Et encore fallait-il qu’il y ait de l’électricité au village.

L’autre chambre n’était pratiquement pas plus meublée, sauf un coffre, et un matelas, si je me souviens bien. Dans le salon, un hamac et sur le mur, une peau de serpent corail qui avait été tué pas très loin de là, Vous vous faites mordre par ce genre de serpent et on ne donne pas cher de votre peau, contrairement à celle de votre agresseur. Dans la cuisine, une grande boîte en bois, avec du sable dedans, où on cuisine avec quelques briquettes de bois et un bon soufflet. Rien que d’allumer le feu, ça prend un temps fou. Pour faire bouillir de l’eau, il faut compter au moins une demi-heure. Mais on réussit à ce réchapper la vie avec cette boîte. Le réfrigérateur : vous voulez rire! Pas de ce genre de chose dans la maison. Et tous les aliments secs sont bien conservés hermétiquement dans des bocaux, pour ne pas attirer les bestioles, et si vous ne mettez pas un nom sur les bestioles en question, je vais vous en mettre un : les rats. Il y en a des milliers, pour ne pas dire plus. Aussitôt que la nuit tombe, à dix-huit heures pile. En Équateur les jours ont toujours douze heures, et la nuit, douze également. Et c’est ainsi hiver comme été. Nous sommes en plein sur la ligne de l’équateur. Donc, nous ne laissons jamais rien traîner pour ne pas attirer les rats. Dès que nous avons terminé le repas, nous ramassons tout et nous lavons tout.

Dans la cuisine, nous avons un petit visiteur qui vient nous rendre visite tous les jours, en quête de quelque miette. Une petite salamandre blanche tout à fait mignonne. Nous sommes tellement habitués à sa présence que nous nous inquiétons quand elle ne vient pas.

Je croyais pouvoir tout vous raconter en une seule fois, mais je m’aperçois que j’en ai tellement à dire, que j’y arriverai pas. Je vous dis donc à la prochaine, alors que je tenterai de terminer mon récit. Et dire que le but premier de mon article était de vous parler de l’eau et du soin qu’il faut y apporter. Ça se comprendra un peu mieux avec la deuxième partie de mon article.