le Samedi 10 octobre 2026
le Samedi 10 octobre 2026 7:00 Arctique

Corridor de sécurité économique de l’Arctique : les pourparlers continuent

Plusieurs membres des autorités autochtones ont discuté avec le premier ministre des TNO R.J Simpson du Corridor de sécurité économique de l’Arctique, le 6 octobre à Ottawa. — Photo Inès Lombardo
Plusieurs membres des autorités autochtones ont discuté avec le premier ministre des TNO R.J Simpson du Corridor de sécurité économique de l’Arctique, le 6 octobre à Ottawa.
Photo Inès Lombardo

Plusieurs chefs autochtones, en compagnie du premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, R.J Simpson, ont fait le déplacement à Ottawa le 6 octobre, pour relancer le gouvernement fédéral, afin qu’il finance les projets d’envergures dans le Nord.

Corridor de sécurité économique de l’Arctique : les pourparlers continuent
00:00 00:00

Corridor de sécurité économique de l’Arctique (CESA), sécurité énergétique des Territoires du Nord-Ouest, ou encore respect des différents traités signés avec les autorités fédérales, ont été au menu des discussions menées lors de rencontres entre les représentants des communautés autochtones, le premier ministre des TNO et les partenaires fédéraux à Ottawa, le 6 octobre.  

Le CESA est considéré comme un projet d’importance stratégique par Ottawa, car il permet d’apporter des projets de développement dans le Nord, et par la même occasion, d’affirmer la souveraineté du Canada dans l’Arctique. En plus, il existe depuis 2026, une entente signée entre le gouvernement Tłı̨chǫ, les Premières Nations dénées de Yellowknife, et le GTNO, afin de garantir que le leadeurship autochtone sera développé et maintenu dans ce projet. 

Le ministère de l’Infrastructure des TNO indique par ailleurs, que le projet de CESA donnerait un accès à la frontière avec le Nunavut sur une base annuelle, donc durant toutes les saisons. Une route et un port seront également construits à la baie Grays. Un tel accès permettrait d’exploiter d’importants gisements de minéraux critiques, de réduire les couts de transport, ou encore d’améliorer l’approvisionnement de biens et marchandises, sans compter les possibilités d’emplois. « Je pense que nous sommes des chefs de file au Canada en matière de réconciliation, notamment économique, a lancé le premier ministre des TNO R.J Simpson. Nous disposons d’un régime règlementaire cogéré : le gouvernement des TNO, les gouvernements autochtones et le gouvernement fédéral travaillent ensemble pour gérer ce dossier. Car dans les TNO, nous veillons toujours à ce que les choses soient faites de manière durable et responsable », a-t-il assuré. 

Plusieurs membres du Conseil des dirigeants des TNO ont fait le déplacement pour assurer que leur point de vue soit entendu dans les décisions qui seront prises à Ottawa : Garry Bailey, président de la Nation métisse des Territoires du Nord-Ouest ; Frederick Blake, grand chef du Conseil tribal des Gwich’in ; Jackson Lafferty, grand chef de la Nation Tłı̨chǫ, Marc Whitford, président de l’Alliance métisse de North Slave, et R.J. Simpson, premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, ont affirmé avoir passé une semaine autour de la table, afin de parler des enjeux entourant le CESA. « La terre, l’eau, ces éléments doivent être protégés. Ce n’est pas négociable. Mais nous savons que nous pouvons mener des projets de développement, nous sommes ouverts aux affaires, et nous sommes ici pour discuter avec les dirigeants, pour parler de nos besoins, et de la manière dont nous pouvons collaborer avec le gouvernement fédéral afin de dynamiser la région », a indiqué le premier ministre des TNO. 

La terre, l’eau, ces éléments doivent être protégés. Ce n’est pas négociable. Mais nous savons que nous pouvons mener des projets de développement, nous sommes ouverts aux affaires, et nous sommes ici pour discuter avec les dirigeants, pour parler de nos besoins, et de la manière dont nous pouvons collaborer avec le gouvernement fédéral afin de dynamiser la région.

— R.J. Simpson, premier ministre des TNO

Plusieurs membres des autorités autochtones ont discuté avec le premier ministre des TNO R.J Simpson du Corridor de sécurité économique de l’Arctique, le 6 octobre à Ottawa.

Photo Inès Lombardo

Développer le nord dans le respect de l’écosystème

Jackson Lafferty, grand chef de la Nation Tłı̨chǫ, a indiqué que les Premières Nations dans les TNO couvrent un territoire d’environ 39 000 km2, et que le projet CESA est une opportunité pour les autochtones de la région : « Il s’agit notamment de mettre en œuvre le CESA, c’est-à-dire la route menant de Grace Bay et au Nunavut. Il s’agit donc d’une initiative menée par les Autochtones, en partenariat avec le gouvernement des TNO. Ce sont là quelques-unes des initiatives clés dont nous avons parlé, mais de nombreuses collaborations vont voir le jour. Cela profitera à toutes les Premières Nations et à tous les gouvernements autochtones des TNO, et nous sommes actuellement en train de les contacter pour savoir comment ils peuvent contribuer à ces projets, car nous devons tous collaborer. Nous devons tous travailler ensemble dans le Nord », a-t-il mentionné, tout en indiquant que la population, dont il parle représente 40 000 habitants qui parlent « d’une seule et même voix ».

De son côté, Jeff Rozowski, membre de la communauté dénée de Yellowknife, a affirmé que le développement du Nord via le « Corridor de sécurité économique de l’Arctique » permettra aux petites communautés d’être prises en compte : « Cette réunion du Conseil des dirigeants qui s’est déroulée tout au long de cette semaine, a été un moment important pour le gouvernement des TNO, a-t-il d’abord indiqué. Les discussions ont permis de nous mettre en avant, et de faire connaitre les petites localités des TNO. Nous avons eu l’occasion d’aborder différentes questions qui concernent les communautés du Nord, telles que l’emploi, la fermeture des mines de diamants, le développement des infrastructures, et notre plan pour la prospérité à long terme des TNO. »

Il a ajouté que le développement du Nord passe également par le respect de l’environnement : « Conscientes des impacts potentiels sur le caribou, les nations autochtones ont développé un corridor qui donne la priorité à la protection du caribou, en tout en favorisant les opportunités économiques », a-t-il déclaré, en ajoutant que le Corridor de sécurité économique de l’Arctique est en fait le résultat d’un partenariat entre le gouvernement des TNO, le Bureau des grands projets du Canada, les Premières Nations dénées, et le gouvernement Tłı̨chǫ. 

« Il s’agit d’un corridor d’environ 30 kilomètres, ce n’est donc qu’une première étape vers un tracé définitif », a toutefois tempéré Jackson Lafferty.
Le premier ministre des TNO R.J.Simpson a affirmé avoir pu échanger avec Dominic Leblanc, ministre du Commerce, Steven MacKinnon, ministre des Transports, Marjorie Michel, ministre de la Santé, Rebecca Alty, ministre des Relations Couronne-Autochtones ou encore Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada.