le Lundi 26 octobre 2026
le Lundi 26 octobre 2026 7:00 Politique

Travaux parlementaires : les député.e.s s’attaquent au cout de la vie

Les travaux de l’Assemblée législative portaient, ce mardi 20 octobre essentiellement, sur les couts de plus en plus élevés de la vie, et de l’accès aux soins de santé pour les citoyens et citoyennes des Territoires du Nord-Ouest  — Aline Essombe
Les travaux de l’Assemblée législative portaient, ce mardi 20 octobre essentiellement, sur les couts de plus en plus élevés de la vie, et de l’accès aux soins de santé pour les citoyens et citoyennes des Territoires du Nord-Ouest
Aline Essombe

De nombreux points ont été soulevés par les député.e.s, à l’occasion du début des travaux de la 20e Assemblée législative à Yellowknife, le 20 octobre.

Travaux parlementaires : les député.e.s s’attaquent au cout de la vie
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En ce jour d’Assemblée législative d’octobre, les élu.e.s ont d’entrée de jeu parlé du cout de la vie et de l’inaccessibilité aux services de soins de santé dans les TNO. 

Le premier ministre R.J Simpson a d’abord fait un bilan de ce qui a été fait dans les TNO en matière de construction de logements. Les députés ont ensuite pris la parole les uns après les autres. Ils ont, en somme, déploré le fait que la vie quotidienne devient de moins en moins abordable pour les citoyen.ne.s, notamment avec l’augmentation des denrées alimentaires, la flambée du prix de l’essence, ou encore le prix des loyers trop élevés. Ils ont également accusé la présence de logements vétustes et inaccessibles : « J’ai vu des parents inquiets pour leurs enfants malades parce qu’ils sont pris avec de la moisissure dans leur logement, a illustré Shauna Morgan, députée de Yellowknife Nord. Nous ne viendrons jamais à bout de la moisissure en mettant la responsabilité de ce problème sur le dos des locataires. Pour [la] combattre, nous avons besoin de normes adéquates en matière de conception et de construction des bâtiments, d’une stratégie et d’un financement spécifique pour assainir et rénover en priorité les logements touchés par la moisissure, notamment afin de protéger la santé des enfants malades. »

Pour un système de santé accessible

Des questions ont été posées lors de précédentes séances de l’Assemblée législative, et l’occasion d’y répondre a été donnée à Lucy Kuptana, ministre intérimaire de la Santé et des Services sociaux des Territoires du Nord-Ouest. 

Une première question portait sur la difficulté de naviguer à travers le système de santé dans les Territoires. La ministre a rappelé qu’un accord lie les services de santé des TNO avec ceux de l’Alberta, afin de permettre aux résident.e.s des TNO de bénéficier de services en Alberta sans frais supplémentaires pour certaines prestations de santé. Une autre des préoccupations, portée à l’attention de la ministre Kuptana, concernait le fait de devoir quitter les Territoires pour obtenir des soins. La ministre n’était pas en mesure de parler des détails de cet enjeu, puisqu’il était en fait question d’un cas particulier et, donc, des enjeux de confidentialité. « Certains services complexes ne sont pas accessibles dans les TNO, a toutefois précisé la ministre. Lorsque les besoins d’un patient ne peuvent être satisfaits de manière sure ou adéquate dans les Territoires du Nord-Ouest, des dispositions sont prises pour son orientation vers un autre territoire, afin de garantir que les résidents bénéficient des soins spécialisés dont ils ont besoin. »

 

Si un service se consacre pleinement au recrutement de travailleurs sociaux – qui sont très recherchés et difficiles à trouver – tandis qu’un autre se consacre pleinement au recrutement de médecins et d’infirmiers, je pense que nous obtiendrons de meilleurs résultats qu’avec un seul service essayant de tout faire

— Kieron Testart, député de Range Lake

Réorganiser la gouvernance des services de santé et des services sociaux 

Robert Hawkins, député de Yellowknife centre, a indiqué que la gouvernance actuelle du ministère des Services de santé et Services sociaux de Yellowknife s’est construite il y a plusieurs dizaines d’années, et est donc désuète, selon lui. Il considère qu’il est temps de mettre à jour la manière dont sont administrés les différents services : « J’ai discuté avec certains membres et j’entends beaucoup d’entre eux exprimer des inquiétudes sur le fait que les choses se faisaient mieux autrefois, a-t-il expliqué. Cette motion vise en réalité à mettre en avant le fait qu’il se passe énormément de choses au sein de ce ministère. Il ne s’agit pas de [le] critiquer, mais de reconnaitre qu’il s’agit d’un ministère de grande envergure qui pourrait être géré différemment et probablement de manière plus efficace en définissant des missions distinctes, plutôt que de voir des rivalités internes. »

« Je crois fermement que diviser ces deux départements en deux est la meilleure manière de les gérer », a appuyé le député de Range Lake, Kieron Testart, tout en indiquant que la gestion actuelle a plutôt engendré des couts et des dépenses évitables : « Si nous disposions de services dédiés à la santé mentale dotés de mandats spécifiques, […] vous auriez davantage de moyens pour y parvenir. Vous ne seriez pas confrontés à des ressources financières limitées ni à des priorités concurrentes. Si un service se consacre pleinement au recrutement de travailleurs sociaux – qui sont très recherchés et difficiles à trouver – tandis qu’un autre se consacre pleinement au recrutement de médecins et d’infirmiers, […] nous obtiendrons de meilleurs résultats qu’avec un seul service essayant de tout faire », a-t-il ensuite détaillé. 

La ministre de la Santé Lucy Kuptana n’était pas convaincue que séparer les deux services rendrait le ministère plus efficace. Un vote a tout de même été lancé. Sept députés ont voté pour, trois députés s’y sont opposés, et il y a eu six abstentions, ce qui a conduit à l’adoption de la motion. 

Huit autres motions nécessitent une réponse de la part du Gouvernement et ont été listées, comme celle concernant des actions en faveur de l’abordabilité et la sécurité en matière d’énergie aux TNO ; pour renforcer la Politique sur les déplacements pour raisons médicales ; ou encore l’exonération du loyer pour les ainés vivant dans des logements sociaux.