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le Jeudi 15 octobre 2026 7:00 Autochtones

Mieux comprendre la réconciliation en français grâce à Marie Wilson

Une vingtaine de personnes ont fait le déplacement à la librairie Yellowknife Book afin d’assister au lancement de la version française du livre North of Nowhere: Song of a Truth and Reconciliation Commissionner (Au nord de nulle part : Le chant d’une commissaire à la vérité et à la réconciliation) — Aline Essombe
Une vingtaine de personnes ont fait le déplacement à la librairie Yellowknife Book afin d’assister au lancement de la version française du livre North of Nowhere: Song of a Truth and Reconciliation Commissionner (Au nord de nulle part : Le chant d’une commissaire à la vérité et à la réconciliation)
Aline Essombe

Une version française du livre de Marie Wilson, Au nord de nulle part : le chant d’une commissaire à la vérité et à la réconciliation, est désormais accessible aux survivant.e.s francophones des pensionnats.

Mieux comprendre la réconciliation en français grâce à Marie Wilson
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Une vingtaine de personnes se sont présentées à la librairie Yellowknife books, afin d’assister au lancement de la traduction du livre de l’ancienne commissaire de la Commission Vérité et Réconciliation du Canada, Marie Wilson. 

Son livre, Au nord de nulle part : le chant d’une commissaire à la vérité et à la réconciliation (North of Nowhere: Song of a Truth and Reconciliation Commissionner), est un vibrant témoignage de l’histoire des survivant.e.s des pensionnats autochtones de tout le pays. 

Suite à des plaintes portées par des survivant.e.s des pensionnats autochtones, le gouvernement canadien a mis sur pied une commission d’enquête, chargée de faire la lumière sur les exactions commises contre environ 150 000 enfants autochtones, du début du XIXe siècle jusque dans les années 1990. 

Cette commission d’enquête a documenté pendant huit ans, de 2008 à 2015, les témoignages d’anciens pensionnaires. Une démarche portée par l’ancienne commissaire à la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR), Marie Wilson. L’enjeu était de lever le voile sur cette époque, et informer les Canadiens de ce qui s’est réellement passé entre les murs des pensionnats autochtones.  

Plusieurs années après la clôture des travaux de la Commission, Marie Wilson a écrit un premier livre en anglais, North of Nowhere: Song of a Truth and Reconciliation Commissionner, qu’elle a publié en juin 2024. Deux ans plus tard, la version française est annoncée dans les librairies : « Le travail continu, la réconciliation, ça implique tout le monde, ça implique le peuple du Canada, ça comprend aussi les francophones du Canada, a rappelé l’ancienne commissaire. C’était important aussi, parce qu’il y a beaucoup de survivant.e.s de pensionnats qui sont rendus maintenant francophones. Le fait de vivre des expériences des pensionnats, plusieurs ont perdu leur langue autochtone, et ne parlent que le français maintenant », a-t-elle regretté.
Marie Wilson a indiqué que publier le livre en français répondait à une volonté de maintenir les lecteurs dans leur droit d’être informés : « Ils ont le droit, à mon avis, de se voir refléter dans une langue qu’ils peuvent approcher, pour être rassurés, savoir qu’ils ont été entendus et crus, et que leur contribution à ce chapitre de l’histoire du Canada est bien reflétée », a indiqué l’auteure à ce sujet.

Ils ont le droit, à mon avis, de se voir refléter dans une langue qu’ils peuvent approcher, pour être rassurés qu’ils ont été entendus et crus, et que leur contribution de ce chapitre de l’histoire du Canada soit bien reflétée

— Marie Wilson, ancienne Commissaire à la Commission Vérité et Réconciliation du Canada

Ne pas éteindre la flamme

L’écriture de son livre avait pour objectif de garder en mémoire les traumatismes subis, mais aussi de s’assurer que des changements soient faits, afin que l’histoire ne se répète plus. C’est ce qu’a expliqué l’auteure à Yellowknife : « On trouvait ça très important que les gens venant d’autres pays reconnaissent que l’on n’arrive pas juste pour hériter le bon d’un pays. On hérite aussi des défauts d’un pays, des défis d’un pays. Et on s’engage aussi, on a la responsabilité de s’engager aux efforts afin d’améliorer un pays, et tout ça, ça va ensemble », a-t-elle exprimé.

Marie Wilson est également l’épouse de l’ancien Premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, de 2000 à 2003, Stephen Kakfwi. Le politique a survécu aux pensionnats, et fait partie des Premières Nations des Territoires. L’écrivaine ne cache pas que son parcours au sein de la Commission Vérité et Réconciliation est fortement lié à son parcours personnel : « Je vis ici depuis plus de 50 ans, c’est chez moi ici, a-t-elle tranché. Aussi, parce qu’il y a plus de survivants ici dans le Grand Nord per capita que n’importe où ailleurs au Canada. Donc, la concentration, la présence des survivants, et des gens qui sont encore en vie et qui étaient aux pensionnats, c’est très important. C’est une partie importante de la population du Nord, donc c’est l’histoire des gens d’ici », a ensuite résumé Marie Wilson. Elle a ajouté qu’elle espère qu’avec l’édition francophone désormais accessible, plus de personnes seront rejointes par le message porté par l’ouvrage : « J’espère que les gens vont en parler davantage avec d’autres et que le livre va finalement parler pour lui-même, qu’il va inviter d’autres lecteurs à voir l’importance de ce qu’il y a dedans et que ça peut continuer demain, c’est ça mon vœu et ma grande espérance », a souhaité l’auteure. 

Une bonne réception sur place 

Le livre a attiré une vingtaine de personnes dans la librairie Yellowknife Book le 8 octobre au soir. « Je suis vraiment intéressée par le sujet. J’ai lu la version anglaise du livre et je voulais prendre cette opportunité pour entendre encore plus de Marie Wilson, parce que c’est un sujet vraiment important. Et chaque année, vers le 30 septembre, j’essaie d’en apprendre un peu plus sur le sujet », a témoigné Hélène, à la fin de l’évènement. 

« C’est une histoire que l’on doit continuer à répéter. Ce n’est pas quelque chose que l’on doit arrêter parce que la Commission a arrêté, les gens oublient, a fait remarquer Sylvie Francoeur, une autre participante au lancement du livre de Marie Wilson. Je pense que c’est important d’être à des évènements comme ceux de ce soir, et de faire ce qu’on peut pour s’assurer de ne pas oublier. »

« C’est important de savoir qu’un ouvrage qui est sorti en anglais est traduit en français, car cela contribue de la vitalité de la langue française dans un contexte comme celui des TNO, a mentionné de son côté, Laïssa Pamou, également présente pendant la soirée de présentation de la version francophone du livre de Marie Wilson. La commissaire a une notoriété sur le plan national, et les personnes qui sont capables de lire cet ouvrage en français découvrent aussi quelque part qu’elle (l’auteure) vit dans les Territoires, et donc qu’il y a une présence francophone. Et l’histoire qu’elle raconte, le parcours qu’elle raconte est intimement lié à l’histoire du Canada, avec un ancrage dans le Nord. »

Plus d’infos

Au nord de nulle part : Le chant d’une commissaire à la vérité et à la réconciliation, est disponible en librairie et en ligne. Marie Wilson a évoqué, pendant le lancement, la possibilité d’une sortie audio de l’ouvrage.