Après six matchs disputés en ce début de saison, le club montréalais est fort d’une série de cinq victoires consécutives, n’a pas encore subi la défaite en temps réglementaire et a obtenu 11 points sur une possibilité de 12. Et pourtant…
Et pourtant, on ne peut pas dire que le club a bien joué. C’est probablement le signe d’un grand club que de pouvoir empiler les victoires malgré des faiblesses évidentes dans la performance de l’équipe. À moins que ce ne soient les signes précurseurs d’un déclin prévisible du club au cours de la saison.
Une défensive hésitante
Si la production offensive du club n’inquiète personne, meilleur rendement dans la conférence de l’Est, le jeu en défensive en laisse quelques-uns songeurs, dont l’entraîneur-chef, Guy Carbonneau. Certes, l’absence de Francis Bouillon joue un rôle dans cette facette du jeu de l’équipe. En raison de la blessure à Bouillon, le club a dû recourir davantage aux services du jeune Brian O’Byrne et du vétéran Patrice Brisebois. C’est aussi sans compter que Josh Gorges s’est retrouvé muté à gauche alors qu’il commençait à très bien se débrouiller à droite, en compagnie de Bouillon.
Mais quand on parle du rendement défensif du club, il faut aussi souligner les nombreux revirements en zone neutre et dans la pénétration de la zone offensive.
Comme plusieurs observateurs le constatent, le premier trio offensif en arrache. Les trois joueurs en question n’arrivent pas assez souvent à se défaire efficacement de la couverture défensive que les autres clubs lui opposent. Il est alors normal que le jeu devienne un peu hésitant, qu’une certaine frustration s’installe, et qu’on commence à faire dans la dentelle. Dans ce dernier cas, on tente la grosse passe au centre (qui se fait interceptée et qui crée un surnombre offensif pour l’équipe adverse), ou on essaie de déjouer individuellement toute l’équipe adverse, ce qui fonctionne rarement et crée… hé oui! un surnombre de l’équipe adverse.
Price et Halak
Heureusement qu’il y a les gardiens de but. Les deux jeunes gardiens du club répondent bien aux attentes placées en eux. Des arrêts clés des deux cerbères tout au long des rencontres expliquent en grande partie le succès de l’équipe. C’est peut-être la raison pour laquelle Bob Gainey n’est pas allé chercher du renfort en défensive durant la saison morte, sachant que ses deux jeunes gardiens sauraient réchapper les lacunes défensives du club. Que voulez-vous, c’est lui qui est payé grassement pour prendre ce genre de risque. Croisons-nous simplement les doigts dans l’espoir que la brigade défensive restera en santé.
