Entre le XIVe et XVe siècle, la peste noire décime 30 % de la population européenne. Dans cette période, les conflits des pouvoirs ecclésiastiques catholiques aboutissent, après un siècle, au couronnement de trois groupes de papes : l’un à Rome, l’autre en Avignon et le troisième à Pise (conflits dans lequel les papes et les cardinaux s’excommunient mutuellement jusqu’en 1415).
Toutefois, la musique écrite (dite savante et postérieurement classique) continue à se développer. L’Ars Nova engendre des compositeurs qui élaborent des systèmes écrits complexes dans lesquels les motets sont les formes qui défient leurs habilités symboliques et musicales inspirées par le développement des mathématiques et la construction des cathédrales gothiques. Dans ce contexte, la guerre de Cent Ans va avoir une influence capitale dans le développement de la musique savante.
La guerre de Cent Ans entre le Royaume de France (gouverné par la maison royale des Valois) et le Royaume d’Angleterre (gouverné par la maison royale des Plantagenet) a comme motif la légitimité du roi de France. Cela produit des mouvances de la noblesse dans lesquelles des batailles et alliances impliquent des déplacements personnels, comme celui de Jean de Lancastre, Duc de Bedford, prince cadet de la maison des Plantagenet, qui devient régent de France à Paris et postérieurement gouverneur de la Normandie.
Amateur et mécène des arts, il avait à son service John Dunstable, astronome, mathématicien et compositeur musical, qui entre en contact avec les musiciens de Paris et contribue au développement de la musique en composant des œuvres au moyen de tierces et de quintes dans la structure des motets, et où il introduit la voix de soprano dans la ligne réservée au ténor. Son influence s’étend vers la Bourgogne et le nord du royaume de la France.
La Bourgogne, à la première moitié du XVe siècle, devient un puissant centre de rayonnement artistique sous le pouvoir de Philippe le Bon, prince capétien de la maison des Valois. Malgré que Philippe soit connu pour avoir livré Jeanne d’Arc au duc de Bedford, il est un mécène et protecteur des arts. Sous son pouvoir émerge l’école de musique bourguignonne, dont les représentants les plus importants sont Guillaume Dufay et Gilles Binchois.
L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.
