Au nom de la foi
Le IVe siècle commence dans la confusion. La situation politique est chaotique. Une heptarchie est mise en place, sept empereurs se partagent – ou se contestent – la gouvernance de l’Empire Romain qui est, plus que jamais, en péril. De ceux-là, l’empereur Constantin Ier, après différents assauts, ressortira vainqueur.
Pourtant, l’unité de l’Empire fondée sur une volonté politique unique est devenue impossible. Constantin Ier décide alors d’imposer un dogme plus puissant : l’unité religieuse.
En 313, il promulgue l’Édit de Milan : « Nous avons pensé qu’il était conforme à la sagesse et à la raison de ne refuser à personne la liberté de professer, soit la religion chrétienne, soit toute autre religion qu’il jugerait mieux lui convenir… »
Cette maxime, animée par la tolérance, cache en réalité l’intention véritable de Constantin Ier, celle d’éradiquer un jour les autres cultes pour décréter finalement la prépondérance absolue du christianisme.
Une vie d’interdictions et d’obligations
Il faudra du temps pour imposer la religion chrétienne, car de nombreux peuples ne sont pas prêts à abandonner leurs divinités, à renoncer à leurs croyances et à taire leurs coutumes.
Constantin Ier interdit, entre autres, les consultations avec les oracles, les sacrifices d’animaux, la fabrication de statues destinées aux cultes païens, mais n’ose pas, par exemple, s’attaquer aux spectacles de gladiateurs.
Cependant, d’un bout à l’autre de l’Empire, les fidèles devaient pouvoir prier de la même façon et, en impliquant un seul Dieu, l’empereur impliquait évidemment une seule langue : le latin !
Et ce ne fut pas si simple, car le christianisme, venant de la partie orientale du continent, fût pratiqué en premier lieu par les peuples qui parlaient une autre langue. Eh oui, pendant près de trois siècles, la langue de l’Église romaine – incluant la prédication, la catéchèse et la liturgie – était… le grec !
À grands coups de réformes, c’est finalement le pape Damase qui appuiera le désir de Constantin Ier en faisant du latin la langue officielle de l’Église.
Pour ce faire, le pape s’adresse à Jérôme de Stridon, son secrétaire particulier, afin d’établir une traduction latine des Saintes Écritures, à partir de l’hébreu pour l’Ancien Testament, et du grec pour le Nouveau Testament.
Il y consacrera plus de quarante ans de sa vie ! Et la Vulgate de Saint-Jérôme fera autorité jusqu’au concile du Vatican II, au début des années 1960.
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Par l’opération du Saint-Esprit Origine : France Date : XVIe siècle Signification : mystérieusement L’apôtre Mathieu a écrit : « Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, était accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle se trouva enceinte par le fait de l’Esprit saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. Il avait formé ce projet, et voici que l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit saint, et elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Cette expression est une formule issue du catéchisme qui était fréquemment utilisée de façon ironique pour expliquer la naissance d’un enfant dont le père n’était pas connu. À partir du XIXe siècle, elle s’est étendue à toute opération dont on ne connaissait pas l’origine. |
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Faire des messes basses Origine : France Date : XVIIe siècle Signification : murmurer à l’oreille de quelqu’un de sorte que personne n’entende ce qui se dit Par opposition à la grand-messe, une messe basse est une messe non chantée où le prêtre récite simplement les prières. Cependant, c’est parce qu’il arrivait, durant la messe basse, que le prêtre bafouille des paroles indistinctes à un faible niveau sonore, il va de soi inaudibles par l’assistance, que les fidèles ont supposé que son discours avait quelque chose de secret que nul ne devait connaitre. |
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Grenouille de bénitier Origine : France Date : XIXe siècle Signification : personne qui manifeste une grande dévotion religieuse Cette expression est un peu péjorative. Elle fait référence aux personnes croyantes qui consacrent la plupart de leur temps à la religion. Elle vient des bénitiers placés à l’entrée des églises, habituellement emplis d’eau bénite, dans lesquels les fidèles plongent le bout de leurs doigts afin de faire le signe de croix. Il existe également là une allusion aux bavardages – voire commérages – qu’échangent généralement les batraciens. |
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Être grand clerc Origine : France Date : XIe siècle Signification : être instruit Le mot « clerc » est issu du latin clericus qui a signifié « membre du clergé » puis « lettré ». À cette époque, les membres du clergé étaient presque les seuls à savoir lire et écrire, ce qui, aux yeux du peuple, en faisait des instruits, sinon des savants. Dans le Dictionnaire comique, satyrique, burlesque, libre et proverbial paru en 1735, Philibert-Joseph Le Roux indiquait que l’expression « C’est un grand clerc » s’utilisait en se moquant d’un homme qui faisait le savant. Et même si, depuis le XIIIe siècle, le mot s’est spécialisé pour désigner un employé travaillant dans l’étude d’un officier public ou ministériel, on utilise toujours cette expression sous une forme négative. |
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Amis jusqu’aux autels Origine : France Date : Ve siècle avant Jésus-Christ Signification : être ami avec quelqu’un tant qu’il n’y a rien de contraire Cette expression très ancienne est peu usitée aujourd’hui. Elle a été utilisée par l’orateur grec Périclès en réponse à un de ses amis qui lui avait demandé de faire un faux serment en sa faveur. À cette époque, on avait pour habitude de jurer, la main posée sur un autel. Et, beaucoup plus tard, au XVIe siècle, alors que Henri VIII avait demandé à François Ier de rompre avec l’Église romaine, ce dernier lui a répondu : « Je suis votre ami, mais jusqu’aux autels. » |
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Boire le calice jusqu’à la lie Origine : France Date : XVIIe siècle Signification : supporter une épreuve pénible jusqu’à son terme La lie est un dépôt qui se forme au fond des récipients contenant des boissons fermentées, telles que le vin. Lorsqu’une bouteille de vin est bue jusqu’à la lie, c’est évidemment qu’elle a été complètement vidée. Le calice est le vase sacré dans lequel est consacré le vin lors de la messe. |
La langue française est étonnante, n’est-ce pas ?
Retrouvez-moi la semaine prochaine pour découvrir de nouvelles expressions.
