Les ateliers « communauté Leadership Pluriel.les » mis en place par Sandie Redon, coordinatrice de projets et intégration ÉDIA+ (Équité, diversité, inclusion, accessibilité+) de la Fédération franco-ténoise, sont nés d’un rapport de recherche sur le leadership des femmes francophones dans le Nord canadien publié en octobre 2025. Plusieurs barrières au sentiment de leadership sont citées à l’image de l’« isolement géographique », du « contexte minoritaire », d’« une crise du logement et un cout de la vie élevée », ou encore de « l’impact des catastrophes climatiques ».
C’est donc en réponse à ces besoins que se crée l’initiative dans le but « réseauter et échanger des compétences », explique Sandie Redon. Cette communauté est composée de personnes non binaires, de femmes et de leurs allié.es. Des ateliers sont prévus jusqu’en mars 2027.
Infos pratiques
Le prochain atelier aura lieu le jeudi 26 novembre sur la thématique « L’apprentissage ne s’arrête jamais » et il sera animé par Damien Frelat, de l’équipe pédagogique du programme d’immersion en français des écoles catholiques de Yellowknife (YCS). Vous en saurez plus dans nos prochaines éditions.
Ces ateliers sont réalisés pour respecter les normes d’équité de genre c’est-à-dire que « les personnes de différents genres doivent bénéficier de différents niveaux de soutien pour être véritablement égales », d’après une définition de l’encyclopédie canadienne. Pour Sandie Redon, cela passe par « des règles d’écoute pour des espaces plus sécuritaires ». Par exemple, « sur certains sujets lorsqu’il y a des désaccords avec une idée ou un positionnement d’une personne, nous pouvons avoir tendance à attaquer la personne alors que, dans les faits, ce n’est pas elle qui nous pose problème », illustre-t-elle. Un autre principe, celui de « la sécurité psychologique » où « tout le monde peut avoir la parole » avec une confidentialité de propos. Dans le but de garantir l’équité de genre, il faudrait aussi faire « des aménagements », comme offrir des formats hybrides en présentiel et en distanciel. La coordinatrice de projets l’envisage car, selon elle, « c’est plus inclusif ». Ou encore, rendre les espaces plus accessibles en proposant « des gardes d’enfants » comme c’est déjà le cas.
La charge mentale des femmes dans les TNO
Ce sujet avait d’ailleurs été pointé du doigt dans le rapport sur le leadership des femmes du Nord canadien. « La charge mentale demeure particulièrement lourde pour les femmes qui s’impliquent dans leur communauté. Le manque de services de garde et le brouillage constant des frontières entre sphères privée et professionnelle accentuent ces difficultés. Les leadeuses doivent souvent assumer plusieurs rôles à la fois, en raison du manque d’effectifs et du taux élevé de roulement dans les régions nordiques », est-il écrit dans le compte-rendu.
Qu’en pensent les participant.e.s ?
Valérie Lobe Manga a participé à quelques ateliers qu’elle a trouvé « assez enrichissants et très productifs » notamment la création du balado Les Veilleuses du Nord sur le leadership des femmes francophones des TNO. « Nous partons souvent de rien. Nous ne pensons pas avoir les capacités et le potentiel, confie la Ténoise. Et nous pouvons être surpris.e.s de tout ce qui est présent en nous. C’est très encourageant. Mon sentiment de leadership s’est confirmé, je dirais. »
Une membre de la « communauté Leadership Pluriel.les » est venue lors du premier atelier organisé le 6 juillet dernier. Elle en a tiré une moins bonne expérience. « Je suis restée sur ma faim sur les définitions du leadership, nous aurions peut-être plus dû structurer cet exercice. Le rodage entre les intervenantes n’était pas bon, ça aurait dû être amélioré. J’avais des attentes », remarque-t-elle. Sandie Redon, coordinatrice de projets et intégration ÉDIA+ (Équité, Diversité, Inclusion, Accessibilité+) de la Fédération franco-ténoise, le rappelle « ces ateliers peuvent encore être améliorés ».
