le Vendredi 12 juin 2026
le Vendredi 12 juin 2026 17:18 Arctique

Bientôt trois campus pour apprendre en français dans le Nord ?

Marie-France Talbot, Souâad Larfi et Patrick Arsenault ont présenté un modèle de collaboration visant à renforcer l’offre postsecondaire en français au Nunavut, au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest.  — Photos Cristiano Pereira
Marie-France Talbot, Souâad Larfi et Patrick Arsenault ont présenté un modèle de collaboration visant à renforcer l’offre postsecondaire en français au Nunavut, au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest.
Photos Cristiano Pereira

Le Collège nordique francophone pourrait étendre sa présence à Whitehorse et Iqaluit d’ici 2028. Trois organismes veulent bâtir une structure commune pour renforcer l’accès aux études après le secondaire dans les trois territoires.

Bientôt trois campus pour apprendre en français dans le Nord ?
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Le Nord canadien pourrait compter trois campus postsecondaires francophones d’ici 2028. Le Collège nordique francophone, l’Association franco-yukonnaise et l’Association des francophones du Nunavut veulent créer une structure commune pour offrir davantage de formations en français au Yukon, aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.

Le projet, annoncé en marge du Sommet panterritorial sur l’apprentissage dans le Nord canadien, prévoit une présence à Yellowknife, Whitehorse et Iqaluit. Les trois organismes travaillent ensemble depuis 2023 à ce modèle de collaboration, qui vise à mieux partager les ressources et à répondre aux besoins des communautés francophones dispersées dans les trois territoires.

Le modèle de gouvernance aurait été finalisé en mai, après plusieurs rencontres entre les partenaires. Il s’appuierait sur le Collège nordique francophone, établi à Yellowknife, qui est devenu en 2024 le premier établissement postsecondaire accrédité dans le Nord canadien.

Trois campus, une structure commune

Patrick Arsenault, directeur général du Collège nordique francophone, explique que l’idée est de faire évoluer l’établissement vers une structure panterritoriale. « On verrait le Collège nordique évoluer vers un modèle où il y aurait un campus à Whitehorse, un à Yellowknife et un à Iqaluit », résume-t-il à Médias ténois. 

Le projet prévoit aussi des changements dans la gouvernance du Collège nordique. Le conseil d’administration serait appelé à mieux représenter les trois territoires. Une commission de coordination panterritoriale serait également créée afin de réunir les associations francophones du Yukon, des TNO et du Nunavut autour des décisions touchant l’évolution du collège, la création de programmes et les besoins des communautés.

On verrait le Collège nordique évoluer vers un modèle où il y aurait un campus à Whitehorse, un à Yellowknife et un à Iqaluit.

— Patrick Arsenault, directeur général du Collège nordique francophone

Un projet encore à construire

Pour Patrick Arsenault, il s’agit d’un « changement de paradigme ». Jusqu’ici, estime-t-il, les réalités des autres territoires étaient parfois moins présentes dans la réflexion. Le nouveau modèle placerait au contraire les besoins des francophones des trois territoires au cœur de la gestion et du développement de l’institution.

Le projet doit encore franchir plusieurs étapes avant de se concrétiser. Les partenaires devront notamment poursuivre les discussions avec les gouvernements territoriaux et analyser certains aspects administratifs et financiers. D’ici là, ils souhaitent déjà renforcer les collaborations avec des établissements d’enseignement ailleurs au pays.

Pour Souâad Larfi, directrice du service Formations de l’Association franco-yukonnaise, l’enjeu est directement lié au continuum éducatif en français. Le Yukon et le Nunavut ne disposent pas actuellement d’une structure postsecondaire francophone comparable à celle du Collège nordique aux TNO.

Rester au Nord pour étudier

Selon elle, une approche panterritoriale pourrait permettre de combler une partie de cet écart. « Ça va pouvoir vraiment assurer le continuum de l’éducation sur nos territoires », affirme-t-elle, en évoquant la possibilité de vivre et d’étudier en français « de la garderie jusqu’à après le secondaire ».

L’objectif n’est donc pas seulement d’ouvrir de nouveaux lieux de formation. Il s’agit aussi de permettre aux francophones et aux francophiles du Nord de poursuivre leur parcours en français sans devoir systématiquement quitter leur territoire. En regroupant les étudiants des trois territoires, les partenaires espèrent aussi créer des cohortes plus solides, capables de soutenir des programmes viables à long terme.

Marie-France Talbot, cheffe du service Formation pour l’Association des francophones du Nunavut, retient du sommet un moment d’écoute sur les besoins en éducation dans le Nord. Selon elle, les échanges ont permis de mieux comprendre « comment est-ce que le Nord a envie d’apprendre dans les prochaines années ».