le Vendredi 25 septembre 2026
le Vendredi 25 septembre 2026 13:00 Arctique

Le Nord canadien n’échappe pas aux évènements météorologiques extrêmes

David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident du Collectif Retroussons-nous les manches pour le climat.  — Courtoisie David Miller
David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident du Collectif Retroussons-nous les manches pour le climat. 
Courtoisie David Miller

Plus de 26 millions de Canadiens ont été affectés par le dérèglement climatique depuis le début de l’année, des feux de forêt à la mauvaise qualité de l’air, en passant par les alertes de canicule. Les territoires ne sont malheureusement pas épargnés par ce constat, car plus de 30 collectivités du Nunavut, des TNO et du Yukon ont été touchées par ces évènements.

Le Nord canadien n’échappe pas aux évènements météorologiques extrêmes
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Incendies de forêt, inondations, sècheresse, mauvaise qualité de l’air, alertes de canicule… 930 collectivités, soit plus de 26 millions de Canadiens, ont été touchées depuis le début de l’année par les conséquences du dérèglement climatique. Le collectif Retroussons-nous les manches pour le climat (Elbows Up for climate) a divulgué les données des effets du changement climatique pour les municipalités entre janvier et juillet 2026. En 2025, le Collectif avait déjà constaté qu’un Canadien sur quatre, vivant dans plus de 220 collectivités, était touché par des catastrophes climatiques. Alors que l’année 2026 n’est pas terminée et que l’été est toujours en cours, le nombre de collectivités touchées a plus que triplé en 2026, et ce chiffre ne cesse d’augmenter, alarme le Collectif.

Ces données montrent les répercussions très graves de la crise climatique actuelle à travers tout le pays, selon David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident du Collectif. « Ce sont des informations qui donnent à réfléchir et qui sont très inquiétantes pour nous », a-t-il expliqué lors d’une entrevue. 

Elles montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une menace pour l’avenir. Ces répercussions se font sentir dès aujourd’hui : la majorité des Canadiens, soit près des deux tiers d’entre eux, vivent dans une région touchée par le changement climatique, que ce soit de manière très directe, comme lors d’un feu de forêt ou d’une inondation.

Les TNO face à une situation critique

Cette année encore, les TNO ont été durement éprouvés. Sur les 22 collectivités touchées, 20 ont été affectées par des avis d’alerte sur la qualité de l’air, neuf ont été touchées par des épisodes de canicule. Par ailleurs, Wrigley et Fort Simpson ont dû être évacués en raison des incendies. 

Les TNO connaissent une saison des feux particulièrement difficile depuis plusieurs années d’affilée, rappelle M. Miller, et certaines communautés sont confrontées à trois situations d’urgence différentes en même temps.

Au Nunavut, sept collectivités ont aussi été touchées par des épisodes de canicule et des avis de mauvaise qualité de l’air. Le Yukon a connu une situation différente, car seules deux collectivités ont été directement touchées par ces évènements climatiques extrêmes.

Les défis propres aux trois territoires compliquent davantage la résilience des petites communautés selon M. Miller, car celles-ci ne disposent ni des ressources ni des financements nécessaires. « Une chose que l’on constate très souvent dans le Nord, c’est qu’il est devenu normal de devoir préparer un sac de secours chez soi pour être prêt à partir et c’est choquant. »

Selon les informations publiées par CBC en aout dernier, trente-deux ordres d’évacuation ont été émis entre 1990 et 2019 dans les TNO, soit exactement le même nombre en seulement six ans, entre 2020 et 2026. L’accélération de la fréquence de ces ordres, multipliée par cinq, est criante selon M. Miller. 



Un plan d’action fédéral ?

Tandis que la gravité des évènements climatiques est directement liée au réchauffement climatique, le Collectif estime qu’il n’y a plus une seconde à perdre. Pour agir efficacement et permettre aux collectivités d’y faire face, une action forte du gouvernement fédéral est nécessaire. « Les maires ont appelé le gouvernement fédéral à devenir un partenaire. »

Les villes et les communes prennent déjà de nombreuses mesures pour lutter contre le changement climatique et atténuer la gravité du problème en réduisant leur consommation de combustibles fossiles, mais pour poursuivre la mise en place de mesures décarbonées, un partenariat avec Ottawa est fondamental selon M. Miller qui pense que l’inaction n’est pas viable. 

Le Collectif rappelle que les municipalités savent exactement ce dont elles ont besoin pour s’adapter : des infrastructures conçues pour résister aux phénomènes météorologiques extrêmes, un financement adéquat et rapide en cas de catastrophe, et des équipes d’urgence capables d’intervenir avant qu’une crise n’atteigne un point de non-retour.