Après plus d’un an de discussions, le gouvernement tłı̨chǫ et la Yellowknives Dene First Nation (YKDFN) se sont entendus sur la zone dans laquelle pourrait passer le futur corridor économique et de sécurité de l’Arctique.
Il ne s’agit pas encore du tracé d’une route, mais d’une bande d’environ 30 kilomètres de large à l’intérieur de laquelle celui-ci devra être défini. Le corridor proposé devrait s’étendre sur environ 420 kilomètres, depuis la route 3, à l’ouest de Yellowknife, jusqu’à la frontière du Nunavut.
Selon le document de consensus rendu public par les deux Nations, le corridor débuterait à au moins 15 kilomètres à l’ouest des limites de Yellowknife. Il se dirigerait ensuite vers le nord, près de Colomac et à l’ouest de Wekweètì, avant de passer à l’ouest de Point Lake en direction d’Izok et de la frontière du Nunavut.
Caribou et développement
Le choix de cette zone résulte d’un compromis entre plusieurs objectifs, notamment la protection du caribou, l’accès aux ressources minières et les retombées économiques pour les communautés autochtones.
« Protéger le caribou et bâtir un avenir pour notre peuple étaient nos principales priorités », a déclaré le grand chef du gouvernement tłı̨chǫ, Jackson Lafferty.
Il reconnait toutefois qu’une route dans les terres de la toundra ne sera pas sans conséquences. « Nous avons choisi ce corridor afin de réduire autant que possible les dommages causés au caribou, tout en sachant qu’une route dans les barrenlands [terres arides et sauvages] aura toujours des impacts que nous devrons gérer », a-t-il ajouté.
Le tracé retenu évite notamment certaines zones jugées particulièrement sensibles pour les déplacements du caribou. Le corridor passerait à l’ouest de Wekweètì et de Point Lake, une option présentée par les deux Nations comme moins dommageable que d’autres scénarios étudiés auparavant.
Il donnerait aussi accès à plusieurs secteurs miniers ou projets potentiels, dont Discovery, Colomac et Izok. Le rapport estime que cette option offre le meilleur potentiel économique parmi les corridors considérés comme viables du point de vue de la protection du caribou.
Protéger le caribou et bâtir un avenir pour notre peuple étaient nos principales priorités.
Une route encore à définir
Pour les chefs de la YKDFN, Ernest Betsina et Fred Sangris, l’annonce ne signifie pas que les grandes décisions sont terminées.
« Il s’agit d’un corridor proposé, et non d’une route définitive, et cette distinction est importante », ont-ils souligné.
Selon eux, le travail doit maintenant passer par davantage de consultations.
« Ce que les gens nous diront dans les semaines et les mois à venir aidera à façonner la suite », affirment les deux chefs, qui insistent sur la nécessité de réfléchir aux mesures de protection de l’eau, des terres et de la faune.
Le projet pourrait également permettre de relier Wekweètì au corridor par une route secondaire. La connexion de Gamètì à un réseau routier permanent demeure, de son côté, une priorité du gouvernement tłı̨chǫ.
Un projet stratégique
Le premier ministre des TNO, R.J. Simpson, a salué l’entente en la présentant comme un exemple d’une nouvelle façon de développer de grands projets dans le Nord. « C’est à cela que peut ressembler un développement dirigé par les Autochtones et un partenariat de gouvernement à gouvernement », a-t-il déclaré.
Selon lui, le corridor pourrait ouvrir de nouvelles possibilités économiques, renforcer les chaines d’approvisionnement en minéraux critiques et contribuer à la présence du Canada dans l’Arctique.
