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le Jeudi 4 avril 2019 17:37 Culture

Sur les planches Du théâtre en français au NACC

Sur les planches Du théâtre en français au NACC
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Étienne Moiroux écrit et joue une pièce au propos philosophique, au traitement loufoque.

Rationnel et Imaginaire sont copropriétaires d’un café, coprisonniers presque, puisqu’ils ne se supportent plus, mais n’arrivent pas à se séparer. Y a-t-il une solution pour eux, alors que le toit du café fuit, que la climatisation est en panne et que l’électricité est défaillante ?

Voici la base de Chez moi — Café, une pièce écrite et mise en scène par Étienne Moiroux, qui sera présentée au Northern Art and Cultural Centre le vendredi 5 avril à 19 h 30, et publiée aux Éditions franco-ténoises, propriétaires de L’Aquilon.

Étienne Moiroux, qui a occupé divers postes à Radio Taïga, y tient un des deux rôles, aux côtés de l’agent de développement communautaire et des communications de la Fédération franco-ténoise, Xavier Lord-Giroux.

Alors que le traitement de la pièce se veut absurde et loufoque, avec des figurants qui meurent et un décor qui mute, le récit n’en comprend pas moins une composante philosophique.

Mais l’auteur se refuse à parler de morale ou de message. « C’est cohérent, ça a du sens, affirme Étienne, mais c’est une création assez instinctive, sans intellectualisme. »

Décor en mutation
Par-delà les dialogues des protagonistes, le décor est lui-même expressif, souligne-t-il, alors que ses éléments apparaissent et disparaissent : « Il vit un peu par lui-même, ce qui permet de créer une histoire sans la dire. »

Le carton est le matériau de base qu’on retrouve tout aussi bien pour les murs que les objets de cuisine et autres. Son utilisation répond à des contraintes financières, mais aussi techniques, et rajoute un côté décalé à la pièce.

La genèse
La pièce d’Étienne Moiroux prend métaphoriquement place dans un café, c’est aussi là qu’elle est née. Étienne Moiroux a commencé à l’écrire alors qu’il travaillait comme caissier dans un Tim Hortons au Québec. « Plus je m’ennuie, plus j’ai des idées », concède-t-il. Il lui a fallu environ un an pour terminer Chez moi — Café, dont le texte et la mise en scène ont considérablement changé en cour de route. « La pièce n’a pas arrêté de s’améliorer, juge-t-il. Toutes les idées étaient là dès le début, mais je l’ai retravaillée pour m’en rapprocher. »

C’est la seconde pièce qu’Étienne Moiroux écrit et il envisage de récidiver tout en se consacrant davantage à la mise en scène, au détriment du jeu proprement dit.

« J’ai fréquenté une école de théâtre professionnelle à Paris après des études en informatique, rappelle-t-il. Ça me correspondait, je croyais que je pourrais être heureux là-dedans, mais je n’ai absolument pas aimé. Les gens étaient relativement prétentieux. »

Après avoir délaissé le jeu un temps, il a retrouvé les planches au Québec. Aux TNO, il a joué le rôle principal de l’adaptation radiophonique d’Ubu Roi, diffusée par Radio Taïga.

Lancement
La présentation de la pièce sera doublée du lancement de sa version en livre. Il s’agit d’un premier titre aux Éditions franco-ténoises depuis 2004, année où paraissaient les Légendes loucheuses de René Fumoleau.

Chez moi — Café sera plus tard disponible dans le réseau des écoles et des bibliothèques, et par l’entremise de l’Association franco-culturelle de Yellowknife.

« Nous sommes contents de contribuer à la présence d’ouvrages francophones, dit le directeur général des Éditions, Maxence Jaillet. Nous avons tout ce qu’il faut dans le Nord pour éditer, imprimer et distribuer des livres. »
D’autres projets d’édition sont dans l’air, mais aucune entente n’est formalisée au moment d’écrire ces lignes.