le Vendredi 28 août 2026
le Jeudi 27 août 2026 17:33 Éducation

Rentrée francophone aux TNO : des élèves à retenir, des postes à pourvoir

Une nouvelle année scolaire débute pour les élèves des écoles francophones des Territoires du Nord-Ouest. — Photo Cristiano Pereira
Une nouvelle année scolaire débute pour les élèves des écoles francophones des Territoires du Nord-Ouest.
Photo Cristiano Pereira

À quelques jours de la rentrée, les équipes des écoles francophones étaient presque complètes, mais certains postes restent à pourvoir à Hay River. La CSFTNO s’interroge aussi sur le départ de quelques élèves vers l’immersion française.

Rentrée francophone aux TNO : des élèves à retenir, des postes à pourvoir
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Alors que la rentrée 2026-2027 est en cours, la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) dispose de presque tout le personnel nécessaire à Yellowknife, tandis que plusieurs besoins demeurent à combler à l’École Boréale, située à Hay River. La nouvelle année scolaire s’ouvre aussi sur une réflexion concernant la rétention des élèves dans le système francophone.

À l’École Allain St-Cyr (ÉASC) et au tout récent Centre de la petite enfance La Tanière, l’ensemble du personnel nécessaire à la rentrée est en place, à l’exception d’un poste de concierge partagé entre les deux établissements, indique le directeur général de la CSFTNO, François Rouleau. 

La situation est différente dans le Slave sud, à l’École Boréale. Un poste combinant à parts égales du mentorat en bienêtre et de l’animation culturelle demeure vacant. Affiché une première fois en juin, il n’avait suscité aucune candidature et doit être affiché de nouveau.

Un autre poste d’adjoint ou d’adjointe en soutien au programme reste également à pourvoir. La commission scolaire affirme examiner différentes options afin d’assurer le soutien nécessaire aux élèves dès la rentrée.

La Commission scolaire territoriale poursuit par ailleurs ses démarches afin de déterminer les options qui permettraient d’offrir un service de garde à l’École Boréale dans les meilleurs délais.

Des départs vers l’immersion

Au-delà des questions de personnel, la rentrée s’accompagne cette année d’une réflexion plus large sur la capacité des écoles francophones à conserver leurs élèves.

François Rouleau révèle que quelques élèves ont choisi, au cours de la dernière année, de quitter l’école francophone pour poursuivre leur parcours dans un programme d’immersion française, bien que nombre d’entre eux disparaissent aux TNO.

Le directeur général souligne que ces départs sont survenus plus tôt que ce qui est habituellement observé au secondaire en contexte francophone minoritaire. La CSFTNO a donc envoyé un sondage de sortie aux familles concernées afin de mieux comprendre leur expérience et d’identifier d’éventuelles améliorations à apporter.

« La rétention ne se gagne pas avec des slogans », écrit François Rouleau. Selon lui, elle repose notamment sur la qualité de l’enseignement, l’écoute, le sentiment de sécurité et d’appartenance, la diversité des expériences offertes, des transitions bien accompagnées et une relation de confiance avec les familles.

Le directeur général évoque notamment les relations d’amitié, les activités sportives et artistiques ainsi que l’offre de cours parmi les facteurs qui peuvent influencer les choix scolaires des jeunes, sans toutefois attribuer les récents départs à l’une ou l’autre de ces raisons. La CSFTNO comptait 279 élèves au 30 septembre 2025. Les chiffres définitifs pour la rentrée 2026-2027 n’ont pas encore été communiqués.

« La collaboration au cœur »

C’est dans ce contexte que la CSFTNO a choisi comme thème pour l’année scolaire 2026-2027 : « La collaboration au cœur de notre travail et de nos relations ».

Dans une communication adressée au personnel, François Rouleau appelle à renforcer la collaboration entre les professionnels de l’éducation, mais également avec les familles et les organismes de la communauté francophone.

Cette orientation se retrouve dans sa réflexion sur l’avenir des écoles francophones. La CSFTNO souhaite notamment renforcer le dialogue avec les familles, y compris celles qui s’interrogent sur leur choix d’école ou qui ont décidé de poursuivre leur parcours ailleurs.

Pour François Rouleau, l’école francophone ne se limite pas à l’enseignement en français. Elle joue également un rôle dans la transmission culturelle, la construction identitaire et la vitalité de la communauté francophone en situation minoritaire.

Cette rentrée intervient aussi alors que la CSFTNO poursuit plusieurs discussions avec les gouvernements territorial et fédéral. Une rencontre avec des représentants du ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation des TNO et de Patrimoine canadien est prévue jeudi afin d’aborder certains dossiers jugés importants pour la commission scolaire et ses communautés.

Une immersion française en recul hors de Yellowknife

Selon les données transmises à Médias ténois par le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, sept écoles ténoises offrent un programme d’immersion française en 2026-2027, contre dix l’année précédente.

Cette diminution s’explique notamment par la disparition récente de programmes dans de plus petites communautés. À Inuvik, le Beaufort-Delta Divisional Education Council avait confirmé plus tôt cette année la fin de l’immersion française au primaire, tandis qu’à Fort Smith, l’École Joseph Burr Tyrrell ne reconduit pas son programme d’immersion de la prématernelle à la sixième année.

À Yellowknife, l’offre demeure toutefois stable : trois écoles de YK1 et trois écoles des Yellowknife Catholic Schools continuent d’offrir l’immersion française.

Le ministère précise par ailleurs qu’il ne compile pas le nombre d’enseignants affectés à l’immersion, cette responsabilité relevant directement des différentes administrations scolaires.

La réduction récente de l’offre avait déjà suscité des inquiétudes sur la fragilité de l’accès à l’éducation en français dans les petites communautés ténoises. En mai, François Rouleau estimait que ces décisions mettaient en évidence « la fragilité de l’offre en français en milieu minoritaire ».