Une vingtaine de personnes ont répondu à l’appel de l’évènement La poésie prend les parcs, qui s’est déroulé le 8 septembre dernier au parc Somba K’e de Yellowknife.
Les participant.e.s assistaient à plusieurs activités autour de la poésie, une manière pour tout le monde de valoriser l’utilisation de la langue française, de comprendre la langue, ou encore, d’apprendre à créer des poèmes en toute simplicité.
C’est en tout cas ce qu’ont exprimé Gabrielle et Alicia, deux apprenties poètes en pleine activité de création : « On est en train de rayer des mots afin de découvrir un poème, a confié la première. Je pense que je vais prendre une feuille et écrire les mots que je n’ai pas rayés sur le papier. Ça va être un genre de poème thématique sur des exploitations arctiques. » De son côté, Alicia se concentre avec attention elle aussi sur sa technique : « Je vais transférer et réécrire un poème sur du papier, mais ensuite, peut-être, je transcrirai un extrait écrit par un poète qui a vécu dans les Territoires, sur le sol, ça va être très joli. »
Écrire des poèmes, une belle occasion pour des étudiants et étudiantes du Collège nordique d’apprendre la langue française.
Une idée venue de Montréal
À l’origine, La poésie prend les parcs est un projet porté par le Festival de la poésie de Montréal. Cet évènement consiste à œuvrer en collaboration avec des communautés ou des artistes locaux de différentes villes au pays. Il s’agit de créer 25 activités extérieures afin d’intégrer l’art de la poésie dans l’espace public.
À Yellowknife, l’initiative consistait à créer des poèmes à partir de textes placés au hasard dans des paniers, et les retranscrire au sol, entre autres. « D’abord, les gens sont invités à choisir un extrait de poésie écrite par un poète ayant habité dans les Territoires du Nord-Ouest, et à les retranscrire au sol à la craie en couleur, a expliqué Amber O’Reilly, animatrice du projet. J’enseigne les techniques de la poésie retrouvée et la poésie par effacement. À eux ensuite d’en faire un texte source pour créer leurs propres poèmes. » D’après elle, l’exercice permet de rendre la création de poésies accessible à toutes et tous : « Parfois, faire face à la page blanche, ça peut être très imposant. J’offre donc des techniques pour accéder à la poésie tout doucement à travers un travail de commissariat : on choisit juste les mots qu’on veut garder pour le poème. »
C’est le Festival de la poésie de Montréal qui a approché l’artiste ténoise afin de réaliser cette initiative à l’échelle pancanadienne. « Nous avons collaboré pour organiser cette activité en plein air, avec le Collège nordique francophone et la Communauté francophone accueillante (CFA) de Yellowknife. Et, il y a des apprenants et apprenantes du français qui se sont déplacés. Pour certain.e.s, c’est leur toute première activité en français à Yellowknife, a affirmé Amber O’Reilly. C’est vraiment un plaisir pour moi de pouvoir offrir ça à la communauté. »
Parfois, faire face à la page blanche ça peut être très imposant. Donc j’offre des techniques pour accéder à la poésie tout doucement à travers un travail de commissariat : On choisit juste les mots qu’on veut garder pour le poème.
Une occasion d’apprendre la langue française
Des élèves du Collège nordique étaient donc présents durant l’atelier de création de poèmes. Pour Noura, La poésie prend les parcs était sa toute première activité d’introduction à la langue française : « C’est ma première journée de classe, je suis au premier niveau et c’est la première fois que je parle français, a prévenu l’étudiante. Je vais essayer de dessiner et d’écrire quelque chose de manière à retranscrire l’esprit de ce texte tel que je le comprends. J’aime comment le français sonne, spécialement après avoir déménagé au Canada, beaucoup de personnes ici le parlent et j’espère pouvoir parler cette langue de manière fluide un jour », a ensuite espéré Noura.
Hedy a pour sa part choisi d’écrire un poème en mandarin : « C’est un chinois simplifié, qui signifie que si tu veux accomplir quelque chose, tu dois traverser des moments difficiles, travailler fort, souffrir, et devenir plus fort. »
De son côté, l’enseignante au collège nordique Léane Robinson considère que la poésie est une belle entrée en matière pour ceux et celles qui sont en apprentissage du français : « On va apprendre ensemble dans la communauté, la poésie est une belle façon d’apprendre le français. »
