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le Jeudi 17 janvier 2019 16:39 Divers

Kronik Inuvik

Kronik Inuvik
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Samedi matin, onze heures onze. Par la fenêtre, le bleu marin de l’aube laisse apparaitre le blanc-lumière de la neige. Lentement. Une manière de nouvelle technologie solaire à intensité progressive. À gauche, le Delta, la route de glace, la forêt de conifères, le fantôme des montagnes Richardson, la vue sur la vie sauvage. À droite, la ville, la rue principale, le dépanneur News Stand, toujours achalandé, et la charmante bibliothèque, très occupée aussi, au-dessus de laquelle galopent encore fringants les poneys du Père Noël. Des poneys, oui, oui. Pas des rennes au nez rouge. Des petits chevaux qui tirent une carriole à roues et non un traineau à skis ! Quelle ironie ! Je me dis. Ça l’irait tellement mieux en ski-doo, à dos de rivière, en traineaux à chiens, t’sais. Christmas time, such a white man thing. You say so! Ici, les rennes ne courent pas les cieux mais restent ben groundés les quatre pattes dans leur pâturage. On peut, parait-il, en admirer un gros troupeau — semi-domestique — sur la route qui mène à Tuktoyaktuk. Les copains du Père Noël, on les garde, on les mène, on les tue et on les mange. Ce sont aussi des alliés, remarquez. C’est de la bonne viande (dit-on : semi-sauvage… ?). Du land food. De l’assurance-survie. Pour ma part, à la façon des Inuits de l’Arctique de l’Est, je l’aime crue et à moitié gelée, en très fines tranches, trempées dans la sauce soya. Sinon, par la fenêtre toujours, ya le drapeau de la ville qui a l’air d’avoir un gros fun noir dans le vent. Doit faire frette. J’ai pas internet ni de thermomètre pour me chiffrer ça, seulement des indices visuels. En ce qui a trait aux animaux sauvages aux pouvoirs transcendants, ya ben juste les corbeaux qui sont assez fous et forts pour voler là-dedans !