le Mardi 9 juin 2026
le Lundi 8 juin 2026 17:07 Francophonie

Une nouvelle direction pour la francophonie du Sud

Nicolette Kelly vient de prendre la direction générale de l’AFTSO, à Hay River. Déjà impliquée dans l’organisme comme bénévole puis vice-présidente, elle souhaite renforcer une présence en français plus constante dans la région. — Photo Cristiano Pereira
Nicolette Kelly vient de prendre la direction générale de l’AFTSO, à Hay River. Déjà impliquée dans l’organisme comme bénévole puis vice-présidente, elle souhaite renforcer une présence en français plus constante dans la région.
Photo Cristiano Pereira

Nommée à la direction générale de l’AFTSO, Nicolette Kelly souhaite renforcer la présence en français à Hay River et dans la région. Déjà impliquée dans l’organisme, elle veut miser sur des activités régulières, ouvertes et bien ancrées dans la vie communautaire.

Une nouvelle direction pour la francophonie du Sud
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La nouvelle directrice générale de l’Association franco-ténoise du sud et de l’ouest (AFTSO), à Hay River, arrive avec un parcours marqué par les déplacements, les retours et les appartenances multiples. Elle a passé une partie de son adolescence à Yellowknife, où elle dit avoir été une des premières étudiantes au secondaire à Allain Saint-Cyr. Au début des années 2000, elle se souvient d’une communauté francophone « assez vibrante », avec des activités, des rencontres et une présence bien réelle autour de Radio Taïga, de l’école et des lieux communautaires.

Le Nord retrouvé

Après ses années dans le Nord, elle a vécu ailleurs : Vancouver, Montréal, la Californie. Elle a travaillé notamment comme sommelière et vigneronne, avant de se réorienter vers l’architecture. Son retour dans la région de Hay River n’était pas son plan de vie principal, elle était revenue en 2023 pour aider ses parents à se réinstaller dans l’Est. Puis les évacuations liées aux feux de forêt ont changé le cours des choses.

Forcée de quitter Hay River au printemps 2023, elle choisit de rester à Enterprise avec ses chiens, plutôt que de se rendre à Yellowknife. Elle y fait du bénévolat au centre d’évacuation, prépare les déjeuners, rencontre des résidents. « Ça m’a vraiment connectée avec la communauté », raconte-t-elle. C’est aussi pendant cette période, alors que les feux brulaient autour d’eux, qu’elle rencontre celui qui deviendra son conjoint. Aujourd’hui, elle vit à Paradise, à une trentaine de minutes de Hay River.

Avant de prendre la direction générale, Nicolette Kelly connaissait déjà bien l’AFTSO. Elle y a commencé comme bénévole en 2023, avant de devenir vice-présidente. Elle a aussi fait de la suppléance à l’École Boréale, s’est impliquée à la bibliothèque et a siégé comme commissaire à la commission scolaire francophone. Pour elle, ce lien avec le terrain est essentiel. « Il y avait vraiment un besoin de quelqu’un qui était déjà établi dans la communauté de venir prendre ce rôle », estime-t-elle.

Nous venons tous, pratiquement tous, d’ailleurs, et on se rassemble ici.

— Nicolette Kelly, directrice générale de l’AFTSO

Une présence plus constante

Sa priorité est claire : ramener une présence francophone plus régulière et plus visible à Hay River. « J’aimerais vraiment que le focus revienne sur Hay River », dit-elle. Elle souhaite que les francophones puissent compter sur l’AFTSO, reconnaitre ses rendez-vous, ses services, ses activités. « C’est vraiment ça, oui. C’est d’établir une présence plus consistante francophone dans la région. »

Cette présence, elle ne la conçoit pas comme un espace fermé. Au contraire, elle veut ouvrir davantage les activités à l’ensemble de la communauté. Elle évoque par exemple un tournoi de soccer, des projections de films francophones avec sous-titres en anglais, ou des activités où la culture francophone peut être partagée sans exclure ceux qui ne parlent pas français. « On veut faire rayonner la francophonie pour tous », résume-t-elle.

Entre deux langues

Son regard sur la francophonie est profondément marqué par le bilinguisme. Sa mère est québécoise, son père anglophone, et elle a grandi en Acadie. « Moi, j’ai vraiment toujours vécu entre deux langues », dit-elle. À Hay River, selon elle, cette réalité est incontournable : « Le bilinguisme, ça fait partie de notre identité francophone. »

Au-delà de la programmation culturelle, Nicolette Kelly veut aussi ouvrir une réflexion plus large : que signifie être franco-ténois ? Dans une communauté composée en grande partie de personnes venues d’ailleurs, avec des références acadiennes, québécoises, françaises ou autres, elle voit une occasion de nommer ce qui rassemble. « Nous venons tous, pratiquement tous, d’ailleurs, et on se rassemble ici », observe-t-elle.