François Ier, roi emblématique de la France de la Renaissance, naît sous le nom de François d’Angoulême en 1494, à Cognac, dans le royaume de France. Sa biographie constitue un prisme où convergent plusieurs forces culturelles qui façonnent les élites intellectuelles d’une Europe traversée par des échanges, notamment sous l’impulsion des aristocraties européennes et ottomanes. Ses parents, Charles d’Angoulême et Louise de Savoie, appartiennent à une branche cadette des Capétiens : les Valois-Angoulême.wikipedia+1
Les Capétiens constituent une dynastie royale qui règne sur la France pendant plusieurs siècles. Dans cette lignée, la branche principale est celle des Capétiens directs, qui règne jusqu’en 1328. Elle est ensuite suivie par la maison de Valois, dont la branche directe règne de 1328 à 1498. Après la mort de Charles VIII, décédé sans descendance masculine, son cousin Louis XII, issu de la branche des Valois-Orléans, lui succède en 1498. Louis XII règne jusqu’à sa mort, en 1515, également sans héritier mâle. Son successeur est alors son cousin et gendre, François d’Angoulême, issu de la branche des Valois-Angoulême, qui devient le roi François Ier en 1515.lumni+2
C’est autour du pouvoir royal des différentes branches de la dynastie capétienne que se développe l’aristocratie française, appelée noblesse ou deuxième ordre. Celle-ci représente probablement moins de 3% de la population. Son pouvoir de gouvernance sur les terres, les ressources naturelles, la production et le tiers état — composé de la bourgeoisie, des habitants des villes et des villages ainsi que des paysans — est partagé avec le clergé, qui constitue le premier ordre.
Le développement des arts libéraux — le trivium et le quadrivium, dont la musique écrite — s’effectue au sein de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie. La langue de l’éducation savante est alors le latin. Les institutions scolaires et académiques qui se développent dans le royaume de France et dans les autres royaumes européens trouvent notamment leurs origines dans l’école palatine, structurée sous le règne de Charlemagne. Celui-ci est conseillé par l’Académie palatine, établie à Aix-la-Chapelle au VIIIe siècle. La première université française, l’Université de Paris, est fondée au XIIe siècle, vers 1150.
Dans ce contexte, les princes et les enfants de la dynastie capétienne sont éduqués par des gouverneurs chargés de veiller à leur formation guerrière, sportive et aux manières de la cour. Des précepteurs s’occupent de leurs connaissances intellectuelles et éthiques. François d’Angoulême, qui devient roi en 1515, est notamment éduqué par sa mère, Louise de Savoie, dans le domaine de la gouvernance. Il a pour précepteurs l’érudit François de Moulins de Rochefort, spécialiste de l’humanisme et du latin, ainsi que l’Italien Giovanni Francesco Conti, qui lui transmet une culture italienne.
