La langue italienne se développe grâce à des poètes qui écrivent des textes littéraires en utilisant des langues vernaculaires locales. Les plus importants, à ses origines, apparaissent en Sicile, dans la cour de Frédéric II, au XIIIe siècle, sous l’influence des troubadours de langue occitane. C’est Giacomo da Lentini qui est le plus connu pour l’invention du sonnet dans la cour de Frédéric II. Ce développement se poursuit ensuite à Florence, ville qui devient un phare culturel, avec comme représentants les plus importants Dante Alighieri, Francesco Petrarca et Giovanni Boccaccio, qui non seulement sélectionnent et structurent un vocabulaire, mais mettent aussi l’accent sur la syntaxe des syllabes et leur prononciation.
Dante Alighieri (1265-1321) est considéré comme le père de la langue italienne. Ses écrits les plus importants sont De vulgari eloquentia, dans lequel il analyse les langues en usage en Italie, les Rime, qui constituent un recueil de poèmes lyriques, et la Divine Comédie, œuvre majeure inspirée par Béatrice, qui est divisée en trois cantiques : l’Enfer (34 chants, 4720 vers), le Purgatoire (33 chants, 4755 vers) et le Paradis (33 chants, 4758 vers). Les vers sont écrits en hendécasyllabes (onze syllabes), organisés en tercets selon le schéma de la terza rima (ABA, BCB, CDC). L’ensemble est rédigé en langue vulgaire florentine.
Francesco Petrarca (1304-1374), philosophe et poète, est considéré comme l’un des premiers humanistes de l’histoire occidentale, dans un contexte encore marqué par la scolastique. Pour lui, l’homme et la raison humaine, dans leur individualité, doivent être au centre des études de la connaissance, dans une approche objective, indépendante des considérations théologiques dominantes au Moyen Âge. Son travail de redécouverte et de réétude des œuvres de l’Antiquité gréco-romaine est associé à l’émergence de la Renaissance.
En parallèle de sa contribution au passage du paradigme théologique médiéval vers un paradigme humaniste (dans ses écrits en latin), la contribution de Pétrarque au développement de la langue italienne réside dans la publication de ses œuvres en langue vulgaire florentine. Parmi ses écrits les plus importants figure le Canzoniere, ou Rerum vulgarium fragmenta, œuvre composée de 366 poèmes, dont 317 sonnets écrits en vulgaire florentin, inspirés par Laure de Noves. Cette inspiration relève d’un sentiment différent de l’amour courtois traditionnel. Pétrarque la rencontre lorsqu’elle a 17 ans, alors qu’elle est mariée depuis deux ans à Hugues de Sade. Elle reste unie à son mari toute sa vie, avec qui elle a 11 enfants. Elle devient la muse de Pétrarque et le personnage central à travers lequel il développe un dialogue d’évolution spirituelle.
