La vie est effectivement un précieux cadeau qui nous est souvent enlevé comme il nous a été donné : sans qu’on s’en rende compte. À partir du moment où on commence à raisonner, la première chose dont on se rend compte, dont on est certain, c’est qu’il y a la vie…et en toute fin…la mort. De ça, on est certain. Ce qu’il y a entre les deux…rien de bien évident. On fait comme si la fin n’arriverait pas, comme si la vie n’avait pas de fin, on oublie à l’occasion que ça arrive vite, cette fin. C’est bien. On a l’intelligence de ne pas s’arrêter à cette fin si vraie, si proche et surtout, si incontounable, pour qui que ce soit. On dit souvent qu’il n’y a que deux choses de vraies dans la vie : la mort et les impôts. Le reste, qu’en savez-vous?
Bien sûr, on prend des moyens pour arriver à certains fins. On étudie, on persiste dans un emploi. On achète des trucs. On fait des rêves. On espère un lendemain meilleur. On veut arrêter le temps si on est bien. On échafaude des plans. On anticipe un avenir sans nuages. On rêve de loterie. On fait comme si la fin ne viendrait jamais. Dieu merci! L’épée de Damoclès ne peut sans cesse pendre au-dessus de notre tête, sinon, on n’avance plus. Bien sûr, demain matin, ou cette nuit, ou la semaine prochaine, n’importe quoi peut arriver. La vie, à laquelle on se raccroche avec acharnement, prend des tournants qui nous surprennent, qui nous abattent, qui nous font réaliser comme elle est fragile… et précieuse!
Pour ma part, la mort a fait partie de ma vie. Dès un bas âge, j’ai eu connaissance de la mort. En effet, venant de deux parents qui étaient les plus jeunes (ou presque) de leur propre famille, j’ai eu connaissance de la mort de certains grands-parents, déjà parvenus à un âge respectable. Puis, ce furent des frères et des soeurs de mon père et de ma mère. Et cette suite s’est poursuivie jusqu’à la mort de mes parents, à quelques années d’intervalle. La mort m’a marquée. Tout comme elle vous a marqué et tout comme elle marque quiconque doit l’affronter. Oui, la mort est difficile à prendre. Oui, ceux qui restent ont à apprivoiser des souffrances profondes. Mais la mort fait réaliser à quel point la vie est précieuse et à quel point il faut donner sans compter pour ceux qu’on aime. Oui, la mort est difficile, mais elle demeure une réalité qui s’applique à tous et la souffrance aujourd’hui ressentie par les vivants deviendra celle des survivants d’autres personnes qui partent pour le long voyage sans retour. La mort fait réfléchir. La mort remet les yeux en face des trous. La mort suscite une réflexion qui va bien au-delà des chicanes de famille ou des petites convoitises du monde. La mort est quelque chose de réel. Elle se présente en tout temps.
J’avais besoin de sortir cette douleur que l’on peut ressentir dans ces grands moments de vérité. Je compatis dans ces moments de douleur. La mort provoque de grandes émotions, j’en sais vraiment quelque chose. Oui, la vie est bourrée de surprises, de bonnes comme de mauvaises. Les mots ne veulent plus rien dire. Souvent, un serrement de la main, une chaude accolade valent mieux que tous les mots du monde. Isabelle, on te sert bien fort dans nos bras impuissants!
Geneviève Harvey
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