le Samedi 13 juin 2026
le Samedi 13 juin 2026 10:51 Arctique

Le climat n’attendra pas, des élu.e.s du Nord exigent des actions immédiates

Une trentaine d’élu.e.s de municipalités des quatre coins du pays se sont rencontrés à Edmonton en Alberta dans le cadre du Sommet d’urgence sur le climat. — Courtoisie Climate Caucus
Une trentaine d’élu.e.s de municipalités des quatre coins du pays se sont rencontrés à Edmonton en Alberta dans le cadre du Sommet d’urgence sur le climat.
Courtoisie Climate Caucus

Au cours du Sommet de l’urgence climatique qui a eu lieu le 4 juin 2026 à Edmonton en Alberta, 32 mairesses, maires et conseiller.ère.s des quatre coins du pays ont discuté des enjeux climatiques au sein de leurs municipalités. À l’issue de cette rencontre, ils ont réclamé une action climatique fédérale immédiate.

Le climat n’attendra pas, des élu.e.s du Nord exigent des actions immédiates
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Le Sommet de l’urgence climatique qui s’est déroulé à huis clos est une initiative du collectif Retroussons-nous les manches pour le climat. Porté par des élu.e.s locaux qui croient à l’importance d’investir dans des projets nationaux pour générer des emplois durables et lutter contre les effets des changements climatiques, ce mouvement est composé d’un cabinet de dix personnes dont Ben Hendriksen est membre. 

Alors que la saison des feux de forêt a déjà débuté aux TNO, le collectif a délivré un message clair à Mark Carney et réclamé des investissements fédéraux massifs dans des projets d’énergies propres qui réduisent la pollution et renforcent l’économie.

Dans une déclaration partagée à l’issue du Sommet, les élu.e.s ont fait part de la palette d’émotions ressenties alors que les municipalités encaissent les catastrophes climatiques les unes après les autres, sans répit. L’épuisement, la peur, la frustration, l’inquiétude et la colère sont définitivement des sentiments très forts qui animent aujourd’hui le collectif qui demande des actions immédiates.

Que ce soit des épisodes de sècheresse, d’inondations ou de feux de forêt incontrôlables partout au pays, le collectif rappelle que près de 7,6 millions de personnes au Canada (soit 1 sur 5) ont déjà été touchées depuis janvier 2026 par des évènements climatiques extrêmes. 

« Comme maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux de partout au pays, nous avons un message clair pour le premier ministre : nos communautés et nos économies locales brulent. Ce qu’il nous faut, c’est un vrai leadeurship fédéral sur le climat, pas un recul », ont-ils clamé lors d’une conférence de presse le 4 juin dernier. 

Alors que le gouvernement actuel semble voir les changements climatiques comme un problème lointain, qui sera réglé plus tard, le collectif rappelle que sur le terrain la réalité vécue est dramatique. « Les changements climatiques, c’est notre quotidien : air vicié, manques d’eau, évacuations bouleversantes, familles déracinées par milliers. Chaque année, les changements climatiques nous forcent à débourser des milliards de dollars de plus pour réparer nos routes, nos ponts, nos réseaux d’eaux usées et nos infrastructures. Les deux tiers de cette facture retombent sur les budgets municipaux, ce qui fait encore grimper le cout de la vie des gens, par-dessus la flambée des prix de l’énergie et de l’essence. »

Miser sur la prévention

Plutôt que de reconstruire catastrophe après catastrophe, la prévention devient urgente. Dans cette optique, cinq recommandations ont été faites à l’intention du gouvernement fédéral et incluent une transformation du réseau électrique afin de produire une électricité propre reliant l’est, l’ouest et le nord du pays, alimenté par les énergies renouvelables plutôt que par le gaz et les énergies fossiles.

Une stratégie nationale a également été réclamée. Cette stratégie, basée sur la résilience et l’intervention pour faire face aux catastrophes désormais inévitables, serait financée par une taxe sur les profits excédentaires que le pétrole et le gaz ont tirés de la guerre en Iran. « En emboitant le pas à nos alliés de l’Union européenne, on ferait en sorte que les pollueurs assument les dommages causés par leurs activités, ce qui pourrait rapporter jusqu’à 46 milliards de dollars. »

De nombreux habitants de Yellowknife continuent de faire face aux conséquences de cette évacuation, et notre ville dépense désormais des millions de dollars chaque année pour se préparer et réagir aux prochaines urgences à Yellowknife et dans les communautés environnantes.

— Ben Hendriksen, maire de Yellowknife

À l’issue d’un sommet d’urgence du collectif Retroussons-nous les manches pour le climat, des mairesses, maires et conseiller.ère.s réclament une action climatique fédérale immédiate et créatrice d’emplois.

Courtoisie Climate Caucus

Passer à l’action

Lenore Morris, représentante de la municipalité de Whitehorse, estime aussi qu’il est temps d’agir. « La plus grande menace qui pèse sur l’humanité est aussi notre plus grande chance de faire mieux. Nous ne devons pas avoir peur d’agir pour le climat. C’est en ne le faisant pas que nous courons un danger », a-t-elle déclaré dans une publication sur Facebook. 

Les TNO subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique qui est quatre fois plus rapide dans les territoires que dans le reste du monde. Cet été encore, alors que la saison des feux de forêt est en cours et que le territoire est frappé par une sècheresse qui sévit depuis cinq ans, les cicatrices des évacuations de l’été 2023 sont encore présentes pour les résidents.  

« De nombreux habitants de Yellowknife continuent de faire face aux conséquences de cette évacuation, et notre ville dépense désormais des millions de dollars chaque année pour se préparer et réagir aux prochaines urgences à Yellowknife et dans les communautés environnantes », a rappelé le maire de Yellowknife. 

Par ailleurs, M. Hendriksen a indiqué que les discussions qui entourent l’action climatique ne s’opposent pas à la notion de prospérité économique et ne justifient pas un retour vers un mode de vie passéiste. Comme il l’a rappelé en conférence de presse, la capitale ténoise possède une histoire forte, bien que complexe, et un avenir prometteur dans le domaine de l’exploitation des ressources minérales, mais « la transition énergétique vers l’abandon des combustibles fossiles nécessitera toujours d’importants investissements dans les ressources naturelles et offrira des opportunités à des communautés comme Yellowknife. » 

Au final, c’est un Canada fort, souverain et économiquement prospère qu’il souhaite pendant le processus de transition énergétique, comme pour le futur.