J’ai vraiment envie de vous raconter à quel point on vit dans un monde de gars. Vous le savez déjà? Vous êtes une fille. Vous ne vous en doutiez pas? Vous êtes un gars. Vous pensez : Bon, encore une qui va se plaindre? Vous êtes un macho. Mais peu importe qui vous êtes, j’ai envie de parler de ça. Ce qui m’a décidée, dernièrement? Ce sont sans doute les élections. Un peu décourageant de voir le pourcentage de femmes qui occupent des places de pouvoir. De voir le peu de femmes qui décident de se lancer dans l’arène politique. De voir le peu d’intérêts qu’on les femmes pour la chose publique. De voir comment le monde pourrait changer si les femmes détenaient un peu plus les cordons du pouvoir. Mais nous sommes loin d’être rendues là, nous les femmes. On est encore à bosser pour faire reconnaître qu’à travail égal, on mérite un salaire égal. Car croyez-le ou non, ce n’est pas encore passé dans les moeurs.
Un monde de gars dans les sports. Les gars se retrouvent tout à coup à l’âge de 16 ans, quand vient le temps de se retrouver entre gars pour aller jouer au hockey, ou au golf, ou au baseball. Tout à coup, la solidarité masculine s’installe et les femmes ont peine à se faire accepter, elles doivent s’imposer. Sinon, gare, le club des petits gars va les tasser et disparues les femmes qui ont osé prétendre qu’elles avaient à faire là. Les femmes n’attirent pas la sympathie des boys dans le sport. Et quand elles le font, je ne suis pas certaine si ça s’appelle de la sympathie ou du voyeurisme… parce que leur jupette est écourtichée et le bustier plutôt évasé! On n’a l’exemple du tennis en tête. Difficile de ne pas remarquer l’entichement de ces messieurs pour la Martina je-ne sais-trop-qui. Alors là, je ne suis pas certaine que ce soit ses prouesses qui font baver d’envie plus d’un. J’exagère? À peine!
Un monde de gars, au travail. Une vieille histoire tout ça, direz-vous. Ne soyez pas si rapide dans vos conclusions. Pas certaine de ça, mais absolument pas. Comment se fait-il que les femmes doivent encore en faire deux fois plus que ces messieurs pour qu’on remarque le bon travail qu’elles effectuent? Pourquoi sont-ce toujours des femmes qui vont chercher le café du patron dans ces boîtes aux idées ouvertes et avant-gardistes? Pourquoi un baccalauréat vaut-il plus cher chez un homme que chez une femme? Je vous le donne en mille. Comment se fait-il que dans les hauts postes de direction, on retrouve très peu de femmes, quand on en trouve? Comment se fait-il que derrière tout grand homme, il y ait une femme, comme le dit si bien le proverbe? Comment se fait-il que ce ne soit pas que derrière toute grande femme, il y ait un homme? C’est sous-entendu, direz-vous. Ouais! ouais! Tellement sous-entendu que personne l’entend.
Un monde de gars dans les emplois surpayés. Un monde de femmes dans les emplois sous-payés. Des exemples? Des milliers de millions, que j’ai. Et je n’ai pas besoin de vous en donner, car je suis certaine que vous en avez aussi, même vous, les gars. Je suis certaine que vous avez constaté que votre mère a dû trimmer dur et n’a jamais vraiment eu de reconnaissance pour ça, alors que toute la gloire revenait à votre paternel. Je ne discute pas du fait que votre paternel a lui aussi trimmé dur, mais lui au moins, on lui a reconnu ça.
Les filles sont bien maintenant. Elles peuvent faire ce qu’elles veulent, étudier, travailler dans des emplois non traditionnels, s’émanciper, gagner beaucoup d’argent. On a fait un bout de chemin, je vous l’accorde. Grâce aux concessions que vous les gars nous avez consenties. Pas certaine de ça. Mais je m’égare, car le but de l’exercice n’est pas de partir une polémique sans fin sur un sujet qui suscitera toujours beaucoup de passion. Mon but est plutôt de vous faire réaliser que même si le chemin parcouru est impressionnant, on est loin d’être rendues, nous les filles. On réalise bien que nous vivons dans un monde de gars, fait pour les gars, dirigé par les gars. Ce n’est pas demain la veille d’un monde égalitaire, et je ne parle pas d’ailleurs, de ces pays totalement inégalitaires. Non, non! Je parle d’ici.
J’avais envie d’en parler. Ne vous sentez pas visés, vous autres, les gars qui lisez ma chronique. Je suis certaine que vous êtes super et que ces propos ne s’adressent pas vraiment à vous! Ils ne s’adressent à personne en particulier, mais à tous les gars en général. Ce n’est pas leur faute, les gars, si on vit dans un monde de gars. C’est à nous autres les filles de prendre notre place. Mais ça se fait pas du jour au lendemain, et la route qu’il reste à parcourir est encore plus longue que celle parcourue.
Encore une fois, j’avais envie d’en parler. C’est fait. Je vous laisse pour aller réfléchir à tout ça, en espérant que vous en ferez autant!
Un monde de gars
Un monde de gars
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