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le Vendredi 23 août 2002 0:00 Divers

Santé dans les T.N.-O Un remède technologique

Santé dans les T.N.-O Un remède technologique
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La FCFA se dote d’un outil politique pour rappeler aux élus que la santé ne se passe pas toujours en français au Canada.

Le dossier de l’heure, c’est la santé. À près de deux mois du dépôt du rapport final de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada, un cédérom sur les services de santé en français aux T.N.-O. vient d’être produit par la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), en collaboration avec la Fédération. Le document, Santé en français : pour un meilleur accès à des services de santé en français, a été réalisé en plusieurs exemplaires, selon la région visée. Les communautés francophones pourront suivre la parade avec cet outil, essentiellement politique, qui leur servira de carte de visite.

« On a voulu donner à nos communautés un outil qui rassemble toute l’information que l’on a sur la santé, explique Paul-André Baril, coordonnateur du secteur de la santé à la FCFA. Un outil nouveau, qui se présente bien dans une trousse quand on rencontre des politiciens ou des gens impliqués dans les soins de santé. »

Le contenu du cédérom recense les données démographiques de la région selon les derniers chiffres disponibles. Une copie du document « It’s time to act », du ministère de la Santé et des Services sociaux, réalisé en 2001, ainsi que le mémoire de la FCFA présenté à la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada, sont accessibles sur la version ténoise du cédérom. On y apprend, entre autres, que selon une étude réalisée auprès de 300 Canadiens, entre 50 et 55 % des francophones en situation minoritaire ont que peu ou pas accès à des services de santé dans leur langue maternelle.

Seul hic du document, certaines données du cédérom ne sont pas à jour. « Nous en sommes conscients, mais à un moment donné, il faut faire la chose, même si on sait que dans six mois, on aura les données d’un nouveau recensement, justifie le coordonnateur. C’est maintenant que la Commission Romanow se joue, c’est maintenant que le dossier de la santé intéresse plusieurs gouvernements provinciaux et territoriaux. »

La FCFA travaille depuis plusieurs années au dossier de la santé. Le Comité consultatif des communautés francophone en situation minoritaire, créé à l’époque du ministre de la santé Allan Rock, a déposé en septembre 2001 un rapport au ministre fédéral de la santé. Lors du passage de la Commission Romanow dans la capitale nationale, la FCFA a recommandé l’ajout d’un sixième principe à la Loi canadienne sur la santé, portant sur la prestation des services de santé dans les deux langues officielles. L’organisme espère de cette façon faire plier les gouvernements provinciaux et territoriaux, qui devront appliquer de manière plus efficace leur propre loi sur les langues officielles. « Actuellement, si un gouvernement ne respecte pas l’un des cinq principes de la Loi canadienne sur la santé (intégrale, universelle, gérée par des fonds publics, accessible et transférable– n.d.l.r.), le fédéral peut retenir de l’argent. Si on ajoutait un sixième principe, ça permettrait au gouvernement fédéral de sanctionner s’il n’est pas respecté et une partie du paiement serait retenue. Ça, habituellement, ça aide à convaincre une province qu’il faut agir. »

Pour l’instant, les pressions sur la Commission ne sont pas très fortes du côté de l’organisme national, qui a l’assurance que certaines des recommandations de la commission concerneront les communautés francophones. « Quand M. Romanow a commencé son travail, il y a près d’un an, il n’était pas du tout question des communautés francophones en situation minoritaire. On sent, une année plus tard, à la suite des mémoires présentés à travers le pays, que l’on est maintenant dans son radar. »

D’ici à ce que les recommandations du commissaire Romanow soient déposées en novembre prochain, la FCFA table sur d’autres dossiers. « Le travail qui a été fait auprès de la Commission Romanow est très important, mais ce n’est qu’une partie du travail que la FCFA fait sur le dossier. L’autre grosse partie est de s’assurer qu’il y aura des suites au rapport du Comité consultatif des communautés francophones en situation minoritaire. »

Le cédérom est accessible aux locaux de la Fédération Franco-TéNOise, située à Yellowknife, pour consultation sur place.