Il est enfin venu pour moi le temps des vacances! Je n’en avais pas pris l’été dernier, et j’attendais ce moment avec impatience. Les vacances, c’est jamais trop tôt. Mais comme je ne peux pas encore vous parler du pays que j’ai visité, j’ai pensé partager avec vous quelques pensées sur les déplacements en avion et le voyage en général.
Comme vous le savez aussi bien que moi, le voyage en avion, c’est loin d’être une sinécure. D’abord, on ne se fait pas toujours accueillir de façon très courtoise. Je ne parle pas ici, à Yellowknife, car on a un service exceptionnel, mais je parle plutôt ailleurs, que ce soit à Edmonton, au comptoir d’Air Canada, à Ottawa, Toronto ou autre. On a souvent l’impression qu’on dérange. On vous regarde par-dessus les lunettes (quand lunettes il y a) et on vous pose quelques questions d’un air excédé. Bien sûr, ce n’est pas tout le temps et tout le monde, mais cela se produit assez souvent pour qu’on le remarque.
On vous remet ensuite les cartes d’embarquement et patiemment, vous attendez le prochain avion. Si vous avez le temps, vous vous précipitez à un comptoir de resto ou de dépanneur pour acheter de quoi grignoter, car imaginez-vous donc qu’on ne vous sert plus à manger! Et comme dit si bien une de mes amies : « C’est rendu qu’ils vous vendent les peanuts! Faut le faire! Plus rien à manger et organisez-vous, la gang! » Cela semble bien ordinaire pour plusieurs qui n’ont à prendre qu’un seul avion, mais quand tu pars de Yellowknife et que tu vas à Ottawa, dans ton long vol entre Edmonton et Toronto, tu as déjà eu à prendre un avion avant et tu dois en prendre un autre après. Heureusement qu’on nous sert quelque chose sur le vol entre Yellowknife et Edmonton, car ça ferait une longue journée sans manger.
Vous me direz qu’à la belle époque où on servait de la bouffe dans les avions, tout le monde chialait que ce n’était pas bon. Sans doute! Mais au moins, ça chialait le ventre plein.
Ils sont en train de créer une grande différence entre les gens de la classe Affaires et les gens de la classe économique. Air Canada s’organise pour qu’on regarde de travers les gens qui ont le moyen de voyager en classe affaires. Parce qu’imaginez-vous donc qu’ils ne payent pas pour les peanuts eux autres. Et même si vous voyagez avec des points, vous n’avez pas toujours envie (ou vous n’avez peut-être pas suffisamment de points) pour vous offrir la classe Affaires. Dans l’avion, en classe économique, on ne se sent vraiment pas très bien traité.
On vous passe de l’eau qui est loin d’être froide, déjà brouillée dans le contenant. Mais voulez-vous bien me dire où ils la prennent, cette eau? Pour ma part, je ne suis pas très tentée par cette eau tiède au goût douteux. Bien sûr, on vous a passé auparavant un breuvage quelconque (très quelconque) que vous avez avalé tout rond. N’allez surtout pas imaginer qu’on va vous donner la canette de boisson gazeuse. Nenni! On vous en verse une quantité limitée, et on remplit de glace pour être bien certain de ne pas trop en donner. Vous n’avez rien à dire, c’est donné. Un don calculé et bien limité. La dernière fois, j’ai demandé un verre de ginger ale et un verre d’eau. J’avais très soif. Comme je savais qu’on me regarderait de travers si je demandais la canette, j’ai demandé un verre d’eau avec glace en sus. On me l’a donné avec en prime, un regard de travers!
Oui, on se sent vraiment comme du bétail, dans ces avions. Ce n’est plus une belle journée de voyage comme c’était avant, quand c’était moins populaire. Maintenant, vous n’avez qu’à marcher les fesses serrées, en prenant bien soin de ne pas vous présenter une seconde avant votre temps, si on a appelé les sièges de la rangée 29 à la rangée 20 et qu’à votre grand malheur, vous n’aviez pas remarqué l’appel et que vous êtes dans la rangée 19. On vous renvoie d’un geste de la main en vous priant d’attendre qu’on appelle votre rangée.
Et là commence la rumba du placement des bagages à main dans les compartiments prévus à cet effet. Je vous jure, on laisse des gens entrer avec des bagages, si on appelle ça des bagages à main, je ne sais plus du tout ce que c’est, un bagage à main. Je crois vraiment qu’il y a exagération. Des fois tu as peine à ranger ta veste, ou un petit sac, car les compartiments sont déjà pleins des deux ou trois bagages de la personne qui est arrivée devant toi.
Donc, tout pour irriter dans les avions! Il ne faut donc pas se surprendre si la rage de l’air poigne quelques personnes, à l’occasion. Deux, trois ou quatre irritants du genre dans la même journée, et la personne éclate. Je n’en ai jamais vu, ça ne m’est jamais arrivé, mais je peux comprendre qu’à l’occasion, ça puisse se produire.
b Mais sur ces belles paroles, je dois vous laisser, car je n’ai pas fini de faire mes valises. Ne craignez rien! Je n’emporte qu’un petit sac dans l’avion. Et je vais y mettre des peanuts! Nécessité oblige! La prochaine fois, je vous parlerai de la Tunisie, destination de mes vacances.
À la prochaine!
