Loin de moi l’idée de vouloir enfoncer le clou, de vouloir vous écoeurer davantage avec une analyse des élections qui, lorsque vous lirez cet article seront derrière nous depuis quelques jours, mais qui ne sont pas encore là. On est dimanche, la veille du grand jour.
Je me demande sérieusement si les médias ne sont pas en train de tuer à petit feu le désir de démocratie qui se cache en chacun de nous.
En effet, si on regarde ce qui s’est passé au cours de la dernière course au pouvoir, les journaux, les stations de télévision, les postes radiophoniques nous ont rebattu les oreilles avec leurs sondages. On est dimanche, je vous l’ai déjà dit. Comme j’aimerais que tous leurs sondages de dernière minute se soient avérés faux et qu’ils aient complètement passé à côté. Comme j’aimerais faire mentir les sondages.
Lors de la campagne, tout se dit, même les choses les plus abjectes, les plus connes, les plus irréalistes, les plus incroyables. Et les indécis patinent. Ils vont de l’un à l’autre, se laissent entraîner par les promesses les plus folles, se mettent à rêver d’un changement tellement important que le Canada ne serait plus jamais le même.
Difficile dans ce ballet de promesses de différencier le vrai du faux, l’honnêteté de la malhonnêteté, la perle rare de la perle de verre.
Et il arrive ce qui devait arriver. Les gens se désintéressent. Les gens se ferment comme des huîtres et décident de ne pas aller voter. C’est tout du pareil au même, qu’ils se disent dans leur for intérieur.
Peut-être! Sans doute même! Mais cela ne devrait surtout pas empêcher l’un des devoirs primordiaux des citoyens, celui de voter. Dans ce processus démocratique de voter si difficilement obtenu, et qui n’est pas encore parfait, le citoyen a le devoir absolu d’aller voter. C’est son devoir et c’est la seule façon qu’il a d’exprimer sa façon de voir les choses, son pays, la manière de gouverner. On oublie trop facilement que sur notre planète, il existe encore de nombreux, trop nombreux pays qui ne donnent pas à leurs citoyens l’occasion de se prononcer.
J’entendais, dans un vox pop, une personne venant d’une ancienne république de l’ex-URSS exprimer son étonnement de voir les gens afficher clairement leur opinion sur leur balcon ou leur gazon. Jamais une telle chose n’aurait été imaginable dans son pays. Bien évidemment, dans les pays gouvernés par un dictateur, où existent un semblant d’élections, comment des gens pourraient-ils avoir le droit d’exprimer leur désir de voter pour une personne autre que le parti dictatorial au pouvoir? Impossible. Pas pensable. Ils n’auraient même pas l’occasion d’aller voir ce que donne la pancarte devant leur maison qu’ils auraient déjà passé l’arme à gauche.
Ici, pas besoin d’avoir peur d’exprimer son opinion. Il faut peut-être une époque où on risquait de perdre son emploi pour avoir exprimé son opinion politique, mais de nos jours, ça n’existe plus, du moins, espérons-le.
Pour résumer ma pensée qui est plutôt indisciplinée ce matin, disons que ceux qui ne vont pas voter devraient se fermer la margoulette pendant les quatre ou cinq ans qui suivent, car ils font vraiment partie du problème, non de la solution. Ils n’avaient qu’à voter. Pas si difficile que ça, de se déplacer tous les quatre à cinq ans!
Et espérons que les jeunes qui n’ont pas vécu l’histoire de la démocratie, ne se blasent pas trop vite et qu’ils aillent voter. Et qu’ils ne se disent surtout pas que c’est toujours du pareil au même. En apparence, c’est vrai qu’on dirait bien ça, mais en prenant position et en votant, peut-être ferons-nous changer les choses. La démocratie, il faut la pratiquer!
Je suis contente du moment choisi pour parler d’élections. Je ne peux rien dire sur les résultats, les gens votent demain. Je ne peux pas y aller de mon analyse de ce que sera le pays au cours des quatre prochaines années, car je ne sais pas qui aura les rennes du pouvoir.
Tout ce que je peux faire, c’est de réfléchir à tout ça et nous souhaiter à tous, à moi comme à vous, une bonne gouvernance de notre pays pendant les années qui viennent. On mérite un pays bien gouverné.
Je vous laisse là-dessus. À la prochaine!
