Pendant que j’écris cet article, le prix de l’essence à la pompe est de 1,22 $ à Québec, et un peu moins à Montréal. La semaine dernière, en Alberta, contrée du boom économique en raison de ses sables bitumineux, le prix était à 1,04 $. Et je ne parle pas du super. Car j’ai eu la bonne idée d’acheter une voiture dans laquelle, obligatoirement, il faut mettre du super, sinon, kaboum, le moteur.
Les raisons de ces flambées de prix? Vous les avez toutes entendues comme moi : elles sont toutes plus incroyables, pour ne pas dire pas crédibles, les unes que les autres : l’élection du Hamas en Palestine, la poursuite du pouvoir nucléaire en Iran (et je vais revenir sur l’Iran un peu plus loin), la pénurie possible chez nos voisins du sud, à cause des ouragans de l’an dernier, et les raisons continuent sans fin. Vous les croyez, vous autres, ces raisons évoquées? Pour ma part, je ne le les crois absolument pas. Comme disait une de mes amies, si au moins, c’était pour une bonne cause, ces hausses du pétrole, on se fermerait la boîte, ou on chialerait moins. Mais non, les raisons profondes, c’est l’arrivée de l’été, et comme les gens risquent de dépenser davantage pour l’essence, allez hop! On augmente. Le bon vieux peuple va payer. Le bon vieux peuple il paye pour tout. Et s’il ne lui reste plus rien pour profiter un peu de la vie, le bon vieux peuple, ben qu’il crève, il va y en avoir d’autres pour payer. C’est de même que ça marche depuis des années, des décennies, des siècles et j’irais quasiment jusqu’à dire depuis des millénaires. Faut bien qu’il y en ait qui profitent de la manne, d’autres qui la produisent, cette manne. Et en général, ce sont deux groupes bien distincts. Vous me suivez? J’ai peine à me suivre moi-même!
Donc, avec toute cette flambée de prix, et toute cette question de pétrole, qui, vous le remarquerez, se produit pratiquement toujours au même moment chaque année, serez-vous surpris si je vous dis qu’hier, je suis allée sur le site de la Smart et que j’ai commencé à investiguer en ce sens. Pas étonnant, n’est-ce pas? Cette voiture répond peut-être, très temporairement, au problème causé par l’essence. Si on ne vivait pas dans un pays si froid, une mobylette pourrait bien faire l’affaire. Mais vous me voyez, vous, sur ma mobylette, à 40 sous zéro, braver les éléments pour aller faire des courses, ou pour descendre de Québec à Montréal? Vous me voyez peut-être, mais moi, je ne me vois pas, et c’est là le hic. Les voitures hybrides, je n’y pense pas pour l’instant, car elles ne sont pas encore suffisamment à point. Celles qui roulent moitié diesel, moitié huile à patates? Pas certaine que ça me tente de sentir la patate à l’année.
Je plaisante, mais il faudra sérieusement songer à de nouvelles solutions de déplacement. Dans les grosses villes, les transports en commun comblent un certain besoin, mais dans les petites villes, villages ou campagnes? Qu’est-ce qu’ils font les gens? C’est quasiment indispensable, une voiture! Mais il faut quand même se mettre à songer à tout ça car il n’est pas si loin, le temps où notre bonne vieille planète se sera complètement vidée de tout pétrole, qu’il soit fossile ou autre. Au rythme où vont les choses, ce n’est peut-être pas si loin que ça. Mais on dirait que le message ne passe pas. Les gros fabricants de voitures fabriquent des voitures plus grosses que jamais. Les gens ont davantage de véhicules que jamais : motoneiges, quatre roues, gros camions, etc. Sont-ils d’accord pour payer le double du prix de l’essence? De toute façon, qu’ils le veulent ou pas, c’est ce qui va se passer sous peu. C’est en train de se produire sous nos yeux. Pas besoin d’être spécialiste de la bourse pour faire des prédictions. Tout petit boursicoteur vous fera ce genre de prédiction en moins de deux.
Et moi qui me prépare à traverser en voiture le Canada dans son plus long, du nord-ouest au sud-est. Ça va me coûter une claque. Le prix des billets d’avion, vous les connaissez. Et les transporteurs aériens vont sûrement ajouter une surtaxe pour l’essence encore une fois. Je vous le dis, le petit peuple, y’a pas fini de payer.
Pas jojo, cette chronique ce matin. Comme toujours, j’écris le dimanche matin, mais juste avant, j’ai jeté un oeil sur les nouvelles. Je peux vous assurer que là non plus, ce n’était pas jojo non plus. Je vous les passe, les nouvelles, mais vous vous doutez bien de ce que je veux dire.
Si vous voulez commencer à faire des économies, peut-être devriez-vous investiguer dans la marche à pied, le vélo ou la raquette. Sinon, je ne donne pas cher de vos épargnes si le pattern se poursuit. Je vous souhaite quand même de passer une bonne semaine, ou devrais-je dire une bonne quinzaine, car je vous retrouve dans deux semaines. Sur ce, je vous laisse pour aller examiner mon Protégez-vous, spécial voitures. Peut-être vais-je y découvrir des secrets? Et je vais peut-être aller mettre de l’essence… car qui sait, sans doute que la semaine prochaine, ce sera bien plus cher.
