Avec les informations de Nikola Petkovic
Du 21 au 25 octobre, des jeunes d’expression française, originaires des quatre coins du Canada se sont retrouvés à Vancouver dans le cadre « d’une mission information » du Forum de jeunesse pancanadien (FJP). Les thématiques de cette édition 2026 ont été votées par ces jeunes de 14 à 25 ans. Iels « ont exprimé le désir d’être mieux informé.es sur des sujets qui leur parlent et qui leur importent : l’intelligence artificielle, l’actualité politique et économique, l’équité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité (EDIA), le cout de la vie, la sécurité linguistique, la santé mentale, et bien d’autres encore », peut-on lire sur le site du FJP.
Utilisation de TikTok et autres réseaux sociaux
À travers plusieurs panels, des professionnel.le.s ont expliqué comment utiliser les réseaux sociaux. Dont Alec Boudreau, représentant de la plateforme Tik Tok et ancien président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, pour qui, « les informations liées aux recherches faites par TikTok ainsi que les autres réseaux sociaux peuvent être un excellent outil pour s’informer et créer des communautés, s’ils sont utilisés de la bonne manière ». Il a encouragé une « collaboration entre les parents et les jeunes pour créer un environnement sain pour les adolescents en créant un algorithme de visionnage avec eux ». Selon lui, « l’algorithme de TikTok est interactif : l’auditeur a le choix de sa conception ». Pour information, TikTok faisait partie des partenaires officiels de ce Forum pour la jeunesse pancanadienne.
En revanche, d’autres activités se sont concentrées sur les dangers de l’utilisation de cette plateforme. C’était le cas, par exemple, de l’atelier médiatique organisé par des journalistes du média d’actualités MAJ pour les jeunes de Radio-Canada. Avec des investigations ainsi que des témoignages, Catherine Contant et Félicia Latour ont démontré que les réseaux sociaux poussent « des contenus sensationnalistes souvent reliés à de la désinformation simplement dans le but de créer des réactions et allonger le temps de visionnement ». Et tout cela, « sans le consentement des personnes qui interagissent avec les plateformes »
Amélie Schwarz est la présidente de Jeunesse TNO. Deux moments l’ont marquée durant ce forum : « le partage des informations du Baromètre Jeunesse 2025, un sondage de la FJCF qui s’adresse aux jeunes d’expression française de 14 à 25 ans vivant en contexte minoritaire, incluant les thèmes de la sécurité linguistique et l’éducation en français, m’a marquée. Cela m’a montré que nos réalités peuvent être différentes, mais que nous partageons plusieurs des mêmes vœux : rester connecté.e.s dans le monde de la francophonie », confie-t-elle. En plus, de ce moment fort, ce sont ses « discussions avec des personnes des trois coins du pays qui l’ont aussi marquée, où elle a appris leurs différentes réalités de francophones habitant en milieu minoritaire (sauf le Québec) et partagé les siennes .
Lia Pereira-Camuzet, étudiante en immersion à Sir John, a adoré « rencontrer de nouvelles personnes » durant ce forum. « J’ai aussi trouvé les ateliers sur la malinformation et l’insécurité linguistique intéressants. J’ai appris que certaines personnes ont peur de parler français par peur de faire des erreurs ou d’être jugées. Cela m’a fait réfléchir à l’importance de respecter la façon dont chaque personne s’exprime », ajoute-t-elle.
Et l’IA dans l’information ?
Il a aussi été question de l’usage de l’intelligence artificielle dans la création de contenus : comment l’utiliser de manière bienveillante et en lien avec l’information ? Des chercheurs universitaires, des journalistes et des spécialistes en communication ont animé plusieurs panels sur ce sujet. Et Amélie Schwarz a un avis là-dessus : « Je pense que l’IA a son temps et sa place, de façon éthique. Personnellement, l’IA peut être utilisée dans l’information avec plusieurs limites. Cela peut être utilisé pour résumer les actualités ou des informations, et non pour créer », réfléchit-elle
Lia Pereira-Camuzet ne partage pas la même opinion : « Je ne trouve pas que l’intelligence artificielle apporte quelque chose de vraiment utile dans le partage de l’information. Je pense que les gens devraient apprendre à faire leurs propres recherches et à trouver des sources fiables par eux-mêmes, plutôt que de toujours demander des réponses à l’IA. De mon côté, je l’utilise parfois pour mieux comprendre un sujet qu’un professeur m’a expliqué. Cependant, je l’utilise très peu autrement. Selon moi, il est important de développer son esprit critique et de ne pas dépendre de l’IA pour tout », affirme l’étudiante en immersion à Sir John.
C’était également l’occasion d’apprendre des outils aux jeunes pour détecter du contenu réalisé avec de l’intelligence artificielle. Amélie Schwarz garde d’ailleurs un bon souvenir de ces formations. « Les ateliers suivis m’ont outillée en montrant comment certains réseaux sociaux ainsi que des sources possiblement moins fiables peuvent utiliser de la désinformation, de la malinformation ou de la mésinformation pour diffuser de fausses nouvelles, détaille-t-elle. J’ai appris comment démystifier celles-ci en utilisant des sources comme Radio-Canada. »
Même constat pour Lia Pereira-Camuzet, « Les ateliers m’ont fait réfléchir à la façon dont l’information est partagée et à l’influence des algorithmes sur ce que nous voyons sur les réseaux sociaux. Maintenant, je comprends mieux qu’il est important de vérifier les sources et de ne pas croire automatiquement tout ce que l’on voit en ligne », remarque-t-elle.
Cependant, des présentations sur les impacts environnementaux de l’IA étaient peu présentes. Aucune alternative n’a été présentée aux jeunes pour moins l’utiliser au quotidien.
