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le Vendredi 1 octobre 2004 0:00 Divers

Un voyage dans les Rocheuses

Un voyage dans les Rocheuses

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Mon goût de conduire remonte à mon adolescence. Dès que j’ai commencé à conduire, j’ai adoré. Même avant de savoir conduire. Je me souviens d’une voiture neuve qu’un oncle venait d’acheter et que j’ai « sacré » dans un poteau (si vous me passez l’expression), en voulant essayer de conduire. J’avais cinq ans. Ce fut mon seul accident. Plus tard, à partir du moment où j’ai pu conduire, j’ai toujours eu ma propre voiture. J’ai fait de longs voyages, en van Volkswagen, dont un long voyage en Amérique centrale qui m’a menée de Montréal jusqu’au Costa Rica, à une époque où le mot Écotourisme n’existait pas. On avait l’impression d’être des explorateurs, ce qu’on était, en fait. Je me souvient d’avoir traversé une rivière sans pont, dans l’eau, en se demandant bien si on y parviendrait. C’était l’aventure. Costa Rica était alors un secret bien gardé et il y avait peu de touristes.

Et quand j’ai fait mes études en anthropologie à l’université, je travaillais pour un fermier qui m’embauchait pour conduire de gros camions afin d’aller vendre ses fruits en Alberta (Medicine Hat) et en Saskatchewan (Swift Current). Le bonheur! J’adorais conduire ces gros camions (10 vitesses), chargés à bloc, auxquels on attachait une remorque chargée elle aussi, et hop! en avant l’aventure. Je devais traverser les Rocheuses, et c’était tout bonnement magnifique. J’adorais ce travail que je faisais tout l’été, avant de retourner à l’université. Et le fermier qui m’embauchait était content aussi, car il savait très bien que je traitais ses véhicules comme il le faut et que je ne faisais pas de folies. Et surtout, il pouvait se fier à moi avec tout l’argent que je trimbalais et provenant de la vente des fruits. À l’époque, pas de guichets automatiques. Donc, je revenais avec l’argent. L’affaire nous convenait. J’ai adoré ce travail.

Donc, je reviens à mon histoire. J’avais décidé de me louer une voiture à l’aéroport d’Edmonton, et d’aller où bon me semblait. N’est-ce pas mieux ainsi? Aucune déception possible, car tout est permis! Donc, après une journée passée dans la région d’Edmonton, j’ai décidé de me diriger vers Banff, en passant par Rocky Mountain House et Sylvan Lake. J’ai des amis qui ont un chalet dans la région de Sylvan Lake, et comme je n’étais jamais passée par là, j’ai décidé d’aller voir de quoi ça avait l’air. Je suis donc partie, par un matin couvert. Sur la belle route, avec mes bons CD, j’avais le vent dans les voiles. Je roulai donc jusqu’à l’embranchement pour Sylvan Lake et Rocky Mountain House. Dès que j’ai pris l’embranchement, la température a changé. Il a commencé à y avoir de la brume. Au début, c’était sporadique. J’ai donc pu apercevoir le magnifique lac Sylvan, un beau gros lac de villégiature estivale. On était en automne, mais j’ai vite réalisé que l’endroit devait être très fréquenté en été. Dès que j’ai quitté Sylvan Lake, la pluie s’est mise à tomber, comme des clous. Et en plus, la brume était omniprésente. Et comme cette route est fréquentée par de gros camions, la conduite n’était pas évidente. Pluie, brume, tout y était. Je suis arrivée à Rocky Mountain House en pleine brume. À peine si j’ai vu quelque chose. Après ce village, je commençais la route montagne, tout doucement. Mais je n’y voyais rien. Mais la conduite était tout de même agréable : bien à l’abri, pas trop de trafic, de la bonne musique. Ça allait.

Vous pouvez imaginer mon enchantement quand soudain, le ciel s’est éclairci et que le paysage s’est manifesté devant mes yeux. J’étais entourée de montagnes, avec un immense lac à ma gauche, du vert des Rocheuses. Si vous n’êtes jamais allé dans les Rocheuses, c’est difficile de vous expliquer à quoi ce vert lumineux ressemble. Ceux qui l’ont déjà vu me comprennent. C’était à couper le souffle. Et pendant pratiquement une heure, j’ai pu admirer le paysage qui défilait. Le bonheur! Et je suis entrée dans le parc national de Banff. Et là, tout doucement, la température a encore une fois changé. Il s’est mis à neiger. Au tout début, c’était de la pluie mêlée à de la neige, mais les choses ont changé et il s’est mis à tomber des flocons de neige gros comme des papillons. C’était superbe. Ces gros papillons virevoltaient dans un décor où la terre et le ciel se confondaient. Et il neigeait, et il neigeait. Sur le bord du chemin, des gens avaient érigé un gros bonhomme de neige. Et tout était blanc. Beau, mais un peu stressant de conduire, quand on réalise que les gens ne ralentissent pas suffisamment pour l’était de la chaussée. Mais peu après, toute la circulation a ralenti, et on était dans un pays de silence et de blancheur. En sortant du parc, près du lac Louise, l’entrée du parc, de l’autre côté de la route avait été fermée. Les gens n’avaient plus le droit d’entrer dans le parc en raison de la mauvaise température. Moi, j’en sortais.

Rendue à Banff, la neige avait cessé de tomber, et le beau soleil s’était mis à reluire. Plus tard, dans la journée, j’ai eu droit à un gros orage électrique et un magnifique arc-en-ciel. J’exagère, dites-vous. Eh bien non! Je n’exagère pas du tout et je me demande même si j’ai bien réussi à vous transmettre un tout petit peu toutes les émotions par lesquelles je suis passée. Un peu j’espère. J’avais juste envie de vous en faire part. Dois-je vraiment vous dire que ce fut un superbe voyage? C’est dit.

Et là-dessus, je vous laisse pour aller respirer le bon air d’automne et admirer les feuilles qui restent. Salut!