De retour de ce magnifique pays qu’est la Turquie, je ne saurais passer sous silence ce voyage magique que j’ai eu la chance d’y faire.
Tout a commencé quand, sur les conseils de mon amie Francine, j’ai commencé à faire des recherches pour me rendre dans ce pays. Je ne voulais pas y aller seule pour diverses raisons, le fait qu’il s’agit d’un pays musulman étant la principale. Donc, vivement sur Internet, et j’ai bien vite trouvé ce que je cherchais. Une agence de Québec, Incursion voyages, offrait exactement ce que je désirais : un tour complet de la Turquie avec guide francophone. Car j’avais peut-être oublié de vous le dire, mais je désirais voyager en français, encore une fois pour plusieurs raisons. N’est-ce pas agréable de pouvoir voyager avec des gens qui s’expriment dans votre langue maternelle? Pour ma part, dans ce voyage, c’était un prérequis.
Donc, pour en revenir à mes moutons, je décidai de m’inscrire à ce voyage, espérant que la formule me plairait, car auparavant, je voyageais par mes propres moyens, sauf une fois, au Vietnam, où je suis allée dans un voyage organisé, mais nous n’étions que quatre personnes. Donc, bien différent. J’appréhendais un peu de me retrouver avec un gros groupe de personnes, mais je me devais d’apprivoiser la formule. De plus, comme le supplément à payer pour demeurer seule dans ma chambre me paraissait raisonnable, j’avais décidé de faire chambre seule. L’agence offrait de nous jumeler avec une personne du même sexe aux gens qui le désirait, mais pour une première, je préférais défrayer la différence. Pour un prochain voyage, je verrai.
Mes connaissances sur la Turquie se résumaient à quelques commentaires de mon amie, et à quelques documentaires que j’avais vus à la télé; comme j’ai été très occupée par mon travail avant de partir, je n’ai pas pu me documenter comme je l’aurais voulu. Mes attentes étaient donc limitées. Bien sûr, je savais qu’on y trouvait la Mosquée bleue, la basilique Sainte-Sophie, de l’art byzantin, des troglodytes. Je savais qu’il s’agissait d’un pays de religion musulmane. Je connaissais le palais de Topkapi (qui se prononce Topkapeu), mais là s’arrêtaient mes connaissances limitées. J’avais un monde à découvrir, et quel monde!
J’avais aussi quelques appréhensions, car pas tellement longtemps avant mon départ, il y a eu des attentats, et ce genre de choses crée toujours une incertitude, pour ne pas dire une crainte, chez la personne qui doit se rendre dans un pays. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai vu le grand jour arriver. Et comment allais-je réagir dans ce genre de voyage? Difficile de prévoir face à une première expérience du genre, moi, une habituée du sac à dos et de l’aventure?
À l’aller et au retour, une escale à Prague était prévue. Une excursion nous était offerte à l’arrivée et au départ. J’ai choisi de me reposer à l’arrivée, après une nuit passée dans l’avion entre Montréal et Prague. Grand bien m’en fit. Pendant que les autres s’entassaient dans un bus, je suis tout bonnement allée à l’hôtel, gracieusement fourni par la compagnie aérienne tchèque, une bonne douche, et deux ou trois heures de sommeil. Quel bon choix! Quand nous avons repris l’avion pour la Turquie, le soir même, j’avais rechargé mes batteries.
L’arrivée en pleine nuit en pays étranger n’est pas toujours facile. Souvent le voyageur ressent une certaine hostilité quand il arrive de nuit. Mais la magie d’Istanbul a toute suite opéré sur moi. L’illumination des minarets dans toute la ville, la mer Marmara (seule mer intérieure située entièrement dans un seul pays), l’agitation organisée du trafic. Tout a su agir pour m’enchanter plutôt que de créer chez moi ce sentiment souvent ressenti en voyage de crainte, de méfiance.
Et je ne vous ai pas encore parlé de notre guide, Salamon, oui, comme Salomon, un Turc juif, qui allait nous enchanter pendant deux semaines de ses récits et de ses commentaires. Donc, à onze heures du soir, avec deux chauffeurs musulmans, un guide turc et un bus bondé de chrétiens plus ou moins croyants (il y avait même un prêtre parmi nous), je me suis tout doucement laissée envahir par le charme de la Turquie, charme qui ne me quitterait pas du voyage et qui, je dois l’avouer, ne m’a pas encore quittée. La magie de ce pays avait commencé à opérer.
Pendant la nuit, des tambours m’ont réveillée. Je croyais qu’il s’agissait de drilles de militaires ou quelque chose du genre. Mais après avoir interrogé notre guide à cet effet, le lendemain, j’ai appris que pendant le ramadan, des gens avec des instruments de musique se promènent pour aller réveiller leurs voisins pour qu’ils puissent manger et boire avant que le jour se lève et que recommence le jeûne. En effet, pendant cette période, le neuvième mois du calendrier islamique, les islamistes doivent jeûner et s’abstenir de relations sexuelles du lever au coucher du soleil. La nuit, le jeûne et l’abstention sont levés.
Après une bonne nuit de sommeil, nous avons débuté les visites de cette ville merveilleuse et si vivante, sans être monstrueuse. Il s’agit tout de même d’une ville de 15 millions d’habitants, mais jamais, ces premiers jours, nous n’avons ressenti le stress de la mégalopole. Nous allions avoir la chance de découvrir de trafic monstre au retour de notre périple dans le pays. Mais c’est une autre histoire.
À nous la Mosquée bleue, la Sainte-Sophie, le Grand Bazar, etc. Deux yeux, c’est pas assez pour tout voir, dans cette ville. L’histoire s’impose à tous les coins de rue. Journée éreintante et bien remplie. Le lendemain, Mosquée de Soliman le magnifique, Saint-Sauveur-in-Chora et départ pour Ankara dans l’après-midi. Ouf! À tout vous raconter ça, je suis essoufflée et j’ai besoin de faire de l’ordre dans mes souvenirs et mes images. Je continue mon récit la semaine prochaine, enfin je veux dire dans deux semaines. Ne vous inquiétez pas, les souvenirs sont là pour rester et seront aussi frais dans mémoire dans deux semaines et dans deux ans qu’ils le sont pour l’instant. Ce n’est qu’un au revoir!
Sur les routes de la Turquie
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