le Samedi 11 juillet 2026
le Dimanche 17 mai 2026 7:53 Trésor de la musique classique

De la Philosophie des Lumières au Modernisme 2

L’influence de Jean-Jacques Rousseau sur la théorie musicale demeure limitée, mais son rôle dans l’affirmation de la liberté créatrice du compositeur s’avère déterminant. À travers la Querelle des Bouffons, ce texte révèle un débat plus complexe qu’une simple rivalité entre langues, inscrit dans des enjeux culturels et institutionnels européens.

De la Philosophie des Lumières au Modernisme 2
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Lorsque nous faisons un retour à nos analyses sur l’importance de Jean-Jacques Rousseau au siècle des Lumières en Europe, nous évoquons que l’influence de Jean-Jacques Rousseau sur l’évolution des paradigmes scientifiques de la théorie musicale est minimale. Les paradigmes scientifiques se sont établis solidement à l’appui des méthodes d’écriture utilisées par les compositeurs d’œuvres polyphoniques à Paris et à Vienne depuis le classicisme, avant que Jean-Jacques Rousseau n’intervienne dans le domaine de la philosophie sociopolitique et de la musique. Toutefois, Rousseau exerce une forte influence, comme philosophe des Lumières, sur l’affirmation de l’importance de la liberté intuitive du compositeur dans son œuvre. Et, tout au long de sa vie, sa réflexion sur la musique a pour objets d’étude la mélodie et la parole.

Un évènement dans les présentations musicales, au siècle des Lumières, éclate à Paris en 1752. Eustachio Bambini, directeur artistique d’une troupe italienne, avait réussi à organiser une série de représentations d’intermezzi et d’opera buffa (de style italien) à l’Académie royale de musique de Paris. Ces présentations débutent avec l’intermezzo La serva padrona, œuvre composée par Giovanni Battista Pergolesi et présentée à Naples en 1733 pour trois voix. Un intermezzo est une pièce musicale qui contient des chants, des récitations, de la danse et de la pantomime, et qui est normalement présentée comme intermède dans des œuvres plus complexes. La présentation de cet intermezzo a soulevé une série de critiques, non pas en rapport avec la qualité de l’œuvre, mais en raison de l’acceptation par l’Académie royale de musique de Paris de présenter cette série d’intermezzi au détriment de l’opéra lyrique, de la qualité de la langue française et de ses règles, que l’Académie avait pour mission de protéger. L’évènement est connu sous le nom de la Querelle des Bouffons, ou la Guerre des coins (ceux du roi et de la reine).

Conflit qui est souvent abordé, à tort, par des historiens comme une confrontation entre les partisans de la suprématie de la langue italienne et ceux de la langue française, ou vice-versa. Cela néglige des facteurs historiques importants dans le développement de la relation étroite entre les organisations nationales de la France et de l’Italie pour standardiser et règlementer les règles linguistiques de leurs langues, comme l’Accademia della Crusca, créée en 1582 à Florence, et l’Académie française, créée en 1635.