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le Jeudi 2 février 2017 19:51 Société

Les Évadés – Chronique aventure De Sept-Îles à Yellowknife sur le pouce

Les Évadés – Chronique aventure De Sept-Îles à Yellowknife sur le pouce
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Amandine Coucke et Quentin Wuyts parcourent le Canada sur le pouce depuis quatre mois, vivant sur le principe du troc. Le marché qu’ils proposent : leur art en échange d’hébergement et de nourriture.

Après avoir traversé une partie de l’Europe et du Maroc, les comédiens clowns, Amandine Coucke et Quentin Wuyts décident de s’envoler vers le Canada. «On a commencé par le Québec, où on est restés trois mois pour jouer», raconte Amandine Coucke fraîchement arrivée à Yellowknife.

« Quand on voyage, quand on bouge, on en parle aux gens, on explique où on veut aller. Il y a souvent le bouche-à-oreille qui fonctionne bien et alors les gens nous disent : " ah j’ai une connaissance là-bas" et souvent, les premières nuits, on est chez les amis d’amis et après l’ami d’ami a souvent un autre ami qui peut nous aiguiller… », affirme Quentin Wuyts.

Autrement, ils se rendent dans des lieux publics et expliquent aux passants qu’ils cherchent un endroit où dormir. « On cherche l’hospitalité. Parfois ça prend une heure, deux heures, ou parfois c’est la première personne à qui on demande qui nous répond : "Venez chez moi, j’ai de la place pour vous" et puis ouais … avec les gens qui nous prennent en pouce, c’est déjà arrivé qu’on nous dise : "j’ai une deuxième maison vide dans laquelle vous pouvez dormir", des choses comme ça », poursuit le couple.

Leur passage au Centre d’amitié autochtone de Sept-Îles est un exemple de leur expérience de troc. Ils s’y rendent tous les midis pour manger, et les gens leur donnent des pâtés et des pains ainsi que des habits d’hiver, et en échange, ils performent pour la collectivité.

« Et pour dormir, on était dans une auberge. Au départ, on a expliqué à l’aubergiste notre projet, elle nous a dit qu’on pouvait rester et en échange, on donnait du temps pour monter des abris Tempo et donner des coups de serpillères. On a présenté le spectacle dans l’auberge au final pour les gens là-bas. »

Sur la route vers Yellowknife, les gens sont généreux et offrent au couple une masse de café Tim Horton’s. Mais le voyage comprend son lot de rebondissements.

La route vers les TNO
Alors qu’ils peuvent, à l’occasion, trouver refuge dans les stations d’essence pour se réchauffer, il arrive également qu’ils soient avertis de ne pas interpeler les clients des stations d’essence pour faire du stop.

Quentin raconte cette fois où ils ont dû innover pour pouvoir se réfugier, un soir dans les environs de Winnipeg. « On n’était pas trop les bienvenus. Il était 11 heures du soir et il faisait noir… Normalement on essaie de faire ça quand il fait clair. On marche et on voit une église, l’église est fermée. Et on se dit que c’est pas grave, on va trouver un autre endroit, et on trouve une grande résidence avec un hall d’entrée dans lequel on peut se réchauffer ». ?

Cette fois-là, ça aura pris 23 heures avant qu’ils puissent se remettre sur la route vers Yellowknife. Tout de même, deux semaines après avoir quitté Sept-Îles, ils arrivent à Hay River, où ils jouent leur spectacle à l’École Boréale.

Maintenant arrivés à Yellowknife, ils sont à la recherche d’opportunités. « On échange notre spectacle et parfois d’autres services aussi, comme la cuisine et en échange on cherche à être logés et nourris durant notre séjour. On aime beaucoup ce mode d’échange, ça nous permet de rencontrer les gens », poursuit la comédienne clown.

Sans fla-fla, maquillage, ni grosses chaussures, le nez de clown suffit pour les comédiens. « On garde nos nez pour garder les codes du jeu théâtral clownesque, mais on pourrait les enlever presque » puisqu’ils exploitent le jeu dans le mouvement.

Leur spectacle s’intitule Machine Mouchkil. Il met en scène un nomade et une sédentaire et porte sur l’ouverture.